Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

La Ferme des Aubris, un havre de paix pour les équidés maltraités ou abandonnés

Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Faune

Goni, un apport génétique au service de la sauvegarde de l'espèce

Goni au zoo d'Amnéville

L'éléphante de six ans accueillie le 5 mars 2009 en grandes pompes au zoo d'Amnéville (57) - en provenance d'Osnabrück, en Allemagne - s'adapte peu à peu à son nouvel environnement. Son transfert s'inscrit dans le cadre d'un programme européen d'élevage pour espèces menacées. Décryptage.

L'éléphante de six ans accueillie le 5 mars 2009 en grandes pompes au zoo d'Amnéville (57) - en provenance d'Osnabrück, en Allemagne - s'adapte peu à peu à son nouvel environnement. Son transfert s'inscrit dans le cadre d'un programme européen d'élevage pour espèces menacées. Décryptage.

L'éléphant d'Afrique fait partie des espèces protégées bénéficiant d'un programme d'élevage européen spécifique (EEP). Le transfert de Goni - une jeune femelle éléphant déplacée d'Allemagne en Moselle - participe de ce programme. Son arrivée au zoo d'Amnéville sert à la fois la préservation de son espèce et son bien-être, car la petite bête de trois tonnes s'ennuyait ferme dans son zoo allemand d'origine en raison d'une mauvaise entente avec la matriarche de la harde. Ni trop jeune, ni trop vieille, ni trop lourde, Goni remplissait les conditions idéales pour un transport sans risque.


Goni et son soigneur allemand, Roy Smith.

Trois associations réunissant des professionnels de zoos gèrent les programmes d'élevage spécifiques (EEP). Il s'agit de l'Association Nationale des Parcs Zoologiques de France (ANPZ), de l'Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA) et de l'Association Mondiale des Zoos (WAZA). Ce sont elles qui définissent ces programmes, chacune à leur niveau (ndlr : national, européen, mondial). "Chaque animal est répertorié dans le logiciel de gestion des cheptels", explique Françoise Delord, présidente de l'Association Nationale des Parcs Zoologiques de France et directrice du Zoo de Beauval (41). "Un parc peut avoir à gérer jusqu'à une dizaine d'élevages spécifiques (ndlr : participation à la reproduction d'une dizaine d'espèces). La distribution des EEP est faite en fonction des effectifs du zoo et c'est grâce à ce logiciel auquel nous sommes tous connectés que nous pouvons savoir quelles sont les espèces dont il faut ou non autoriser la reproduction". Le Parc zoologique d'Amnéville (57) a donc à sa charge une EEP concernant les éléphants d'Afrique, espèce répertoriée sur la liste rouge de l'UICN (l'Union internationale pour la conservation des espèces en danger) et dont il ne reste plus que 500 000 représentants en liberté à ce jour. 

"Le but ultime de ces programmes est de créer des populations génétiquement viables qui permettent d'éviter la consanguinité pour une possible réintroduction en milieu naturel", poursuit Françoise Delord. "Mais il y a malheureusement des espèces dont la réintroduction est compromise par la destruction de leur habitat naturel comme le tigre de Sibérie ou les Orangs-Outangs. Cependant, les zoos ont aussi à charge de veiller à la préservation des milieux naturels. C'est aussi le rôle d'associations telles que l'EAZA et la WAZA qui redistribuent partie des contributions de leurs membres à des programmes de sauvegarde environnementale."

Quelques jours après son arrivée à Amnéville, Goni se porte bien. Elle a fait connaissance avec ses deux nouvelles compagnes : la vieille Wenda et la matriarche Katarina. "Nous n'avons pas encore lâché tout le monde dans le même enclot, mais les présentations se font gentiment d'un box à l'autre. On échange des politesses et des bisous par trompe interposée, la liberté totale sera pour dans une petite semaine" prédit Michel Louis, le directeur du parc mosellan.

Prochainement, Goni doit rencontrer Nico - un mâle déjà présent dans le Parc - avec lequel elle devrait convoler d'ici à plusieurs mois. Et si l'inévitable question d'un futur éléphanteau se pose dans la mesure où c'est la principale raison de l'arrivée de Goni à Amnéville, Michel Louis reste prudent : "C'est évidemment prévu et nous sommes impatients. Mais le temps des éléphants est un temps très long... Si ça se fait, ça se fera quand madame en aura envie." 

A l'instar de Goni et dans le cadre d'une EEP rhinocéros et d'une EEP orang-outan, le zoo d'Amnéville devrait accueillir un mâle de chaque espèce courant 2009.