Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

La Ferme des Aubris

La Ferme des Aubris, un havre de paix pour les équidés maltraités ou abandonnés

Le refuge de la Tuilerie

Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer

 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Faune

La survie du hérisson, de plus en plus menacée en hiver

Noisette fait partie des choupissons orphelins, pris en charge dès le mois d'octobre lorsque l'hibernation commence pour les hérissons. / ©Noctis Hérissons

En période hivernale, les centres de soins font face à un afflux d’hérissons en détresse. Une conséquence directe du changement climatique qui impacte leur hibernation, et leur reproduction. Les explications de 30millionsdamis.fr.

Cet hiver, le centre de soins Noctis hérissons, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis, a fait face à l’inédit. Peu avant la nouvelle année, le centre – situé en Maine-et-Loire – a dépassé les records de prises en charge de petits hérissons. « Nous en avons eu 298 en 2025 [contre 167 individus en 2023 : ndlr] dont 90 entre le 1er octobre et la fin de l’année, témoigne l’association. C'est du jamais vu sur une telle période. »

Tic, Tac et Fripouille, trois juvéniles, ont été pris en charge début janvier 2026 par le centre de soins. / ©Noctis Hérissons

Parmi les petits mammifères pris en charge en Pays de la Loire et huit départements limitrophes, 69 hérissons « sont décédés pendant les 24 premières heures après leur prise en charge », annonce Noctis Hérissons. Sur les 225 restants, « 73 % ont été sauvés ». Pour 2026, l’équipe se dit « plus motivée que jamais » pour protéger le maximum de petits boules piquantes. Onze nouveaux pensionnaires ont rejoint le centre au cours du mois de janvier.

Le centre de soins saturé chaque hiver

Comment expliquer cette hausse de prises en charge ? Les raisons sont multiples, à commencer par une plus grande sensibilisation du public à l’égard de la petite faune. « On constate que le hérisson bénéficie de la sympathie des particuliers, de plus en plus soucieux du bien-être cet animal », évoque Solène, Responsable capacitaire pour Noctis Hérissons, jointe par 30millionsdamis.fr.

Pour autant, si le centre reçoit de plus en plus d’appels pour des prises en charge, les places manquent : « Tous les ans, les centres de soins sont contraints de refuser des entrées, alerte Solène. Le jour où nous aurons moins d'appels, cela ne sera sans doute pas parce qu'ils vont mieux mais surtout parce qu'ils seront de plus en plus rares ».

Auparavant classé « en préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et désormais  « quasi menacé » depuis fin 2024, le hérisson subit un déclin important sur son aire de répartition.

Une hibernation devenue difficile

Ces arrivées massives en hiver sont une conséquence directe de plusieurs facteurs anthropiques, tels que l’intensification des activités humaines ou encore le changement climatique. Avec des températures de plus en plus clémentes et irrégulières, l’hibernation des hérissons s’avère de plus en plus retardée, voire absente du calendrier. « Cette étape n’est [plus] obligatoire, prévient Solène. Il ne fait pas assez froid et pas assez longtemps mais les sources de nourritures se font rares et peu diversifiées ».

Car c’est lors de l’hibernation que le petit mammifère économise toute ses forces pour survivre à la saison hivernale. « Lorsque les conditions climatiques sont difficiles, si l’énergie dépensée lors de la recherche de nourriture est plus importante que la quantité de proies ou d’aliments trouvés, afin d’assurer sa survie, l’individu doit se mettre au repos pour économiser son énergie », rappelle France Nature Environnement dans un dossier consacré à l’hibernation des hérissons.

À noter que la raréfaction des proies – due à l’urbanisation et l’usage des pesticides – impacte la capacité du petit mammifère à se nourrir.  L’affaiblissement des réserves peut aussi l’empêcher d’hiberner et, ainsi, nuire à ses chances de survie.

Les naissances de plus en plus tardives

Outre l’hibernation, l’activité humaine et le changement climatique retarde la saison des amours chez les érinacéidés. De ce fait, « les naissances tardives se multiplient, explique Solène. Les jeunes inexpérimentés se retrouvent seuls sans avoir eu le temps de se constituer des réserves ». Ce sont ces jeunes hérissons, abandonnés par leur mère partie hiberner, que le centre de soins prend en charge afin de les aider à survivre durant la période hivernale.

Souvent retrouvés dénutris, ces choupissons sont également affaiblis, cachectiques malades et infestés de parasites. Les survivants seront relâchés à l’arrivée du printemps, lorsqu’ils retrouveront un poids correct et une bonne autonomie.  Attention cependant aux fausses informations : « Le poids ne peut pas être le seul indicateur à prendre en compte pour intervenir auprès de ces petits, nés trop tard, souligne la responsable capacitaire. Chaque individu est différent et leur morphologie varie d’un individu à un autre. Certains jeunes de l'année seront en pleine forme à un poids où un grand adulte pourrait être extrêmement maigre. »

En cas de doute, contactez un centre de soins le plus proche de chez vous. Un professionnel de la faune sauvage vous indiquera les gestes à adopter pour porter secours à l’animal si celui-ci est en détresse.

« La situation du hérisson ne se stabilise pas »

Malgré l’affection portée à son égard, le petit mammifère reste hélas exposé à de nombreuses menaces au quotidien. « La situation du hérisson ne se stabilise pas, alerte Solène. En tant qu'espèce sentinelle, il est un bon indicateur de l'état de santé de son habitat ». Car assurer la sauvegarde du hérisson, c’est aussi protéger les insectes et les micromammifères. Sa disparition impacterait fortement nos écosystèmes !

Riri pesait seulement 134 grammes à son arrivée au centre de soins, au cours du mois de décembre 2025. / ©Noctis Hérisson

Chaque année, la Fondation 30 Millions d’Amis soutient les centres de soins en leur fournissant une aide financière pour nourrir ces petits pensionnaires et équiper les structures de matériel essentiel à la survie des hérissons. « Nous subventionnons notamment des couveuses, qui maintiennent les choupissons blessés ou malades dans une température constante, précise Aline Maatouk, Chargée de mission Faune Sauvage à la Fondation 30 Millions d’Amis. Ces équipements permettent aux bénévoles de soigner leurs pensionnaires dans les meilleures conditions possibles et d’augmenter ainsi leurs chances de survie. »