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Se faire livrer un animal par colis : légal... mais choquant !

Les "consomm-acteurs" doivent prendre leurs responsabilités, en refusant de commander un animal sur internet et en préférant l’adoption réfléchie dans un refuge. capture d'écran /TikTok

Diffusée sur le réseau social Tik Tok, une vidéo montrant une adolescente ouvrir un carton contenant une grenouille vivante qu'elle venait d'acquérir, fait le buzz et suscite la colère des internautes. Se faire livrer un animal par colis est pourtant autorisé et encadré par la loi. Au législateur d'interdire désormais cette pratique, et au « consomm-acteur » de faire preuve d'éthique. Les explications de 30millionsdamis.fr.

Smartphone, vêtement, paire de chaussures... et même grenouille ?! Si la livraison à domicile se rapporte le plus souvent à des biens matériels, les animaux vivants – vendus par des animaleries à travers leur site web – peuvent également se trouver concernés. Choquante à plusieurs titres, cette pratique est toutefois réglementée par la loi. « Le transport d'animaux vivants est régi par les articles R214-49 et suivants du Code rural », précise le service juridique de la Fondation 30 Millions d'Amis. Ainsi, les transporteurs doivent être titulaires d'un agrément pour le transport d'animaux vivants afin de réaliser ces déplacements. En France, seule la société France Express détient l'agrément pour les longs transports de plus de 8 heures (Type 2), c'est donc à ce transporteur que font appel les animaleries ayant « pignon sur rue » et proposant de la vente à distance.

Des obligations à respecter pour « l'expéditeur »

Caisse de transport ou « simple » carton, le contenant dans lequel est transporté l'animal dépend de plusieurs facteurs. « Ce n'est pas le transporteur lui-même qui "conditionne" l'animal mais "l'expéditeur", à savoir les animaleries », détaille le service juridique de la Fondation 30 Millions d'Amis. L'agence de transport fait donc signer à ses clients un « protocole » par lequel ceux-ci s'engagent à « emballer » l'animal dans des conditions permettant d'assurer ses besoins fondamentaux tout au long du trajet, selon le type d'espèce concernée (chien, chat, oiseau, reptile...). Dans le cas où l'expéditeur n'aurait pas respecté ses obligations, ou si les conditions météorologiques – notamment la température extérieure – seraient jugées inadéquates, le transporteur se réserve alors le droit de refuser la prise en charge.

 

L'envoi d'animaux dans des colis est à proscrire.
Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe

Dans la vidéo diffusée sur le réseau social TikTok montrant une adolescente « déballant » une grenouille commandée en ligne sur le site d'une animalerie spécialisée, l'animal se trouve enfermé au sein d'une barquette percée de trous, entourée de chaufferettes et disposée dans une boîte en polystyrène... elle-même placée dans un colis cartonné. Si l'absence de perforations apparentes sur les parois du carton peut sembler choquante, elle vise en réalité à maintenir à l'intérieur une température constante, indispensable pour le transport d'espèces « ectothermes » (incapables de générer leur propre chaleur corporelle) telles que les reptiles ou les amphibiens. Un procédé légal, donc... mais assurément choquant !

« L'envoi d'animaux dans des colis est à proscrire, reconnaît Georges Chapouthier, neurobiologiste et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS, joint par 30millionsdamis.fr. Un enfermement dans un espace réduit et dans l'obscurité, dans des conditions de transport (bruit, durée, température, vibrations, odeurs...) parfois pénibles, quels que soient les efforts d'emballage, conduit nécessairement à des situations de stress. » Selon l'auteur de « Sauver l'Homme par l'Animal » (éd. Odile Jacob), il conviendrait d'éviter ce procédé, en particulier lorsqu'il s'agit d'animaux vertébrés : mammifères, oiseaux, batraciens, reptiles ou encore poissons. « Toutes ces espèces disposent d'une structure cérébrale appelée "système limbique" et d'un "cortex", responsables respectivement des émotions et de la cognition. Ils peuvent donc souffrir considérablement, non seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan émotionnel et mental », précise le chercheur.

Une tendance de fond dans notre relation aux animaux ?

 

Notre société tend à tout "marchandiser", et les animaux ne font pas exception à la règle.
Georges Chapouthier

Se faire livrer une grenouille comme l'on recevrait un accessoire ou une console de jeux marquerait également une tendance de fond dans notre relation aux animaux. « Notre société tend à tout "marchandiser", et les animaux ne font donc pas exception à la règle, analyse Georges Chapouthier. Si, dans l'état actuel de la société, la loi permet la vente des animaux, des garde-fous devraient y être apportés, à mon avis, du fait de la sensibilité particulière de certains animaux. Par exemple pour tenir compte de la sensibilité d'un chien ou d'un chat, et de la formation éventuelle de son propriétaire (cela se fait en Suisse pour les chiens), pour interdire la vente d'animaux à toute personne condamnée pour mauvais traitements (aux animaux comme aux êtres humains), ou encore pour interdire toute vente à des particuliers d'animaux sauvages en voie de disparition... » Qu'il s'agisse d'une vitrine réelle en magasin ou d'une « vitrine virtuelle » sur le web, l'animal se retrouve dans tous les cas présenté comme une marchandise, ce qui favorise les achats « coups de cœur » souvent suivis d'abandons lorsque les acheteurs réalisent – trop tard – la « charge » que représente leur nouveau compagnon.

A contrario de cette tendance à la marchandisation des êtres vivants, un mouvement plus favorable à la prise en compte du bien-être animal est pourtant perceptible, trouvant sa traduction législative au travers de récentes évolutions telles que la reconnaissance de l’animal comme « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil en 2015, sous l’impulsion de la Fondation 30 Millions d’Amis, ou encore, plus récemment, de la proposition de loi (PPL) « visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale ». Pour autant, si le texte voté en première lecture à l'Assemblée nationale prévoit bien d'interdire la vente de chiens et de chats dans les animaleries au 1er janvier 2024, ces établissements pourront toutefois continuer à vendre des « nouveaux animaux de compagnie » (NAC), reptiles et amphibiens mais aussi lapins, cochons d'Inde et autres rongeurs, pour la plupart issus d'élevages-usines. Il reviendra aux sénateurs de combler ce manque qui semble difficilement justifiable. Les « consomm-acteurs » devront eux aussi prendre leurs responsabilités, en refusant de commander un animal sur internet et en préférant l’adoption réfléchie dans un refuge !

Commenter

  1. AID 31/03/2021 à 13:36:05

    Oui CR44 c'est de la décadence de notre espèce ... vivement l'issue ...

  2. gavroche69 29/03/2021 à 21:03:01

    Je crois quand même qu'il convient de relativiser la responsabilité de cette jeune fille qui, certes sans trop se poser de questions, ne fait qu'utiliser un système qui existe.

    Bien sûr ce n'est pas normal que cette pratique existe et soit légale mais il y a bien pire que ça, notamment dans les élevages intensifs et les abattoirs. Il y a plein de gens que tout ça ne choque pas plus que ça ou simplement qui préfèrent l'ignorer...

    Et ne parlons pas des "chiasseurs" qui prennent leur pied à flinguer tout ce qui bouge, des corridas et de la chasse à courre, des horreurs pratiquées au nom de la soi-disant "culture" et des "traditions".

    Finalement cette pauvre grenouille ne s'en sort pas si mal en supposant toutefois qu'elle soit correctement traitée au cours de sa triste vie en captivité...

    La vraie question est de savoir si l'humain sera oui ou non capable d'évoluer sur sa perception et son respect  de tout ce qui n'est pas humain.

    Et ça, c'est loin d'être évident même chez les jeunes car je ne crois pas que ce soit une question d'âge mais plutôt une question d'éducation et donc d'environnement familial.

  3. cr44 27/03/2021 à 15:59:15

    Décadence de l humanité !!!! de pire en pire chaque jour.....

  4. AnneV 26/03/2021 à 19:49:35

    Ai regardé la vidéo !! Pauvre gamine ! Une cervelle de ravioli !!! Et pauvre grenouille ! Elle méritait mieux que cette erreur de la nature !