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Enquête

Quel avenir pour les animaux en 2030 ?

L'avenir des animaux d'élevage varie fortement selon les scénarios des chercheurs... © Pixabay.com

Comment se portera l’élevage en 2025 ? L’expérimentation animale existera-t-elle encore ? Plusieurs chercheurs se sont penchés sur le rapport Homme-Animal pour les prochaines années et envisagent 5 scénarios possibles. Différentes perspectives décryptées par 30millionsdamis.fr.

1er scénario : un rapport économe à l’animal

  • La consommation de viande : qualité côtoie low-cost

Le rapport imagine que « la demande en viande de qualité côtoie un besoin de produits animaux à bas coûts, car la contrainte budgétaire reste un facteur de choix primordial. Les protéines végétales, jugées plus saines et moins chères, intègrent de plus en plus les préparations culinaires ».

  • L’animal en abattoir : un meilleur traitement

« Les acteurs des filières industrielles ont notamment investi (en capital et en formation) pour garantir le respect animal en abattoir. Les dispositifs de traçabilité sont renforcés dans le cadre de démarches de transparence.».

  • Le travail des associations : un rôle de l’intérieur

« La majorité des ONG privilégie la logique consistant à « peser de l’intérieur » en contribuant à l’élaboration des politiques publiques, des guides pratiques, des chartes et des labels. Les mouvements les plus radicaux, positionnés sur la dénonciation de toute forme d’exploitation animale, perdent en audience ».

  • Le statut juridique de l’animal stagne

« Si le statut « social » des animaux domestiques se transforme, leur statut juridique évolue peu, en partie du fait d’une amélioration des conditions de traitement, et en partie parce que le sujet n’est plus politiquement porteur dans un contexte économique contraint ».

2e scénario : l’animal intégré

  • La consommation de viande : en baisse

« Les Français continuent à réduire leur consommation de produits animaux tout en acceptant de payer un peu plus, valorisant différents types de qualité. ».

  •  Les nouveaux animaux de compagnie

« On constate des hybridations entre les catégories animales avec l’arrivée, dans les foyers, d’animaux issus d’espèces traditionnellement dévolues à la production : cochons, lapins, poules, voire chèvres, etc. »

  • Une évolution du statut juridique de l’animal

« Sans acquérir le statut juridique de personne morale, les animaux voient leurs « droits » augmenter, quelles que soient leurs « fonctions ». Plutôt que par de grandes lois à portée générale, l’évolution du statut juridique s’opère par l’accumulation de dispositions réglementaires et de décisions jurisprudentielles, qui viennent étendre et préciser la notion de « bien-être animal », y compris pour l’animal sauvage ».

Le rapport Homme-Animal vu par des chercheurs. © DWP

3e scénario : Les animaux comme variables d’ajustement

  • La consommation de viande : en progression

« Les innovations agricoles permettent de produire plus de céréales, plus de viande, pour répondre à une demande protéique mondiale en forte hausse. ».

  • L’animal-machine

« Face à ces alternatives plus rentables, les conditions d’existence des animaux se durcissent, au milieu des années 2020, avec une automatisation croissante des procédés et une diminution des interactions avec les hommes. La dissociation entre le « statut social » de l’animal de compagnie et celui de l’animal de production s’accentue dans un premier temps, renforcée par la gestion à distance par les éleveurs, à travers les interfaces numériques de l’élevage de précision.».

  • Statut juridique : dépendant de l’utilité de l’animal

« Les statuts juridiques accompagnent cette évolution, avec une différenciation normative fondée sur la fonction sociétale et la « destination » de l’animal ».

  • Le travail des associations : plus combatif

« À la croisée des mouvements libertaires de type Anonymous et des groupes pro-animaux, des militants publient des informations confidentielles (et alarmantes) sur la façon dont sont traités les animaux. À l’Assemblée nationale, le club parlementaire anti-spéciste, créé en 2027, parvient à mettre en débat l’abolition de la mort utilitaire. ».

4e scénario : L’animal idéalisé et exfiltré

  • Une alimentation végétarienne

« Les alimentations valorisant un moindre recours aux productions animales gagnent en importance, pour concerner plus d’un quart de la population en 2025 et 55 % des moins de 30 ans. Cette tendance (…) est amplifiée par le soutien des géants de la Silicon Valley, qui investissent massivement dans la recherche et le développement de produits de substitution ».

  • Le travail des associations : mieux écoutées

« Portés par des penseurs charismatiques et des personnalités médiatiques, les discours sur la « cause animale » connaissent un franc succès, alimenté par une série de scandales. En 2023, une pétition en ligne promouvant l’octroi à tous les animaux du statut de « sujet de droits » recueille plus de 3 millions de soutiens en France ».

  • Fin de l’expérimentation animale

« En 2026, sous la pression d’ONG étayant leurs discours sur la disponibilité d’alternatives, une directive communautaire abolit les expérimentations animales.».

L'animal de compagnie remplacé par des robots ? © Miroslawa Drozdowski

5e scénario : Une question animale éclatée

  • Le triomphe des alimentations particulières

« La mode est aux protéines végétales et d’insectes, puis à la viande in vitro. C’est le triomphe des « alimentations particulières » et des tribus alimentaires ».

  • Les associations, infiltrées

« Les groupes radicaux « proanimaux» échouent à structurer un mouvement porteur d’un projet de société. Certains basculent alors vers l’action directe de libération dans les grands élevages ».

  • Les animaux de compagnie remplacés par des robots

« La robotique ludique fait des progrès et permet, à l’aube des années 2030, de proposer aux enfants, pour un prix raisonnable, un robot de compagnie capable de répliquer des liens d’attachement et des interactions « animal-maître » complexes, tout en disposant toujours d’un bouton on/off. »

Quel modèle privilégier ?

Bien qu’aucun scénario ne soit idéal, la piste 4 « L’animal idéalisé et exfiltré » est la plus favorable pour la cause animale. Avec une alimentation davantage axée sur le végétal, un discours pensé et politisé du respect animal, la fin de l’expérimentation, ce scénario correspond aux combats menés par la Fondation 30 Millions d'Amis. Certains points négatifs apparaissent toutefois comme la baisse du nombre d’animaux de compagnie car « perçu comme contraignant. Les enfants préfèrent s’occuper d’un animal virtuel assorti d’une « sortie nature » de temps en temps ».
 
Rapport du Centre d'études et de prospective - Novembre 2016 : lire le rapport complet en PDF.

 

Commenter

  1. pouguy 01/03/2017 à 21:27:13

    avec le progrès les animaux deviennent des betes à produire, comme la ferme des 1000 vaches qui honteux pour la société.

  2. keria 28/02/2017 à 17:14:41

    La piste 4 est la mieux par rapport mais qu'elle est faible ! Où est le côté idéalisé là dedans ? Idéalisé est un mot qui veut dire que les animaux intègrent la sphère des idées chez les hommes, qu'ils deviennent enfin objet de préoccupations morales pour la plus grande partie d'eux. Mais si on est logique et sensé, les idées ont besoin des actes pour prendre leur sens. Donc, pour les animaux : associations mieux écoutées par des pétitions populaires, oui, mais aussi, suppression de l'élevage intensif et du mode d'abattage industriel, réforme du droit articulé au pénal avec un service d'inspection (pris en charge par policiers ou bénévoles), fin de l'expérimentation animale, bref autant d'actes concrêts qui montrent qu'elles sont effectivement écoutées.

  3. malotruf 28/02/2017 à 12:01:33

    Même si c'est le scénario N°4 qui serait le plus favorable à la cause animale, c'est le N°2 qui me parait le plus réaliste pour les 10 prochaines années à venir. Surement suis-je influencé par mon expérience personnelle qui fait que j'ai exclu plusieurs espèces de mon alimentation et que j'ai réduit ma consomation de viande sans pour autant devenir végétarien. Je préfère manger moins mais de qualité, en choisissant des filières respectueuses du bien être animal. Cela peut sembler contradictoire de dire que l'on aime les animaux avec le fait de manger de la viande ; c'est vrai ! Mais imaginons un monde 100% végétarien, n'allons pas croire que les éleveurs continuerons leur activité pour le plaisir. Que serons les paysages de nos campagnes sans vaches, brebis ou mouton ? Ne verrons nous les animaux que dans des zoos ou des réserves ? Voilà une question qui me semble avoir été négligéedans la synthèse de cette étude.

  4. lotus2003 27/02/2017 à 18:48:05

    j\'ai une préférence pour le scénario 4, mais avant d\'arriver à 2030 combien d\'animaux vont continuer à souffrir ? et puis je ne vois pas les enfants avoir des robots comme animaux de compagnie ,il y a déjà des robots chien ou chat dans les magasins de jouets. je préférerais un gouvernement qui prendre conscience sur la condition maintenant en 2017, car il y a encore trop d\'animaux en souffrance.