La récente augmentation des attaques de nageurs par les requins est avant tout le reflet du développement des vacances de masse déversant de plus en plus de touristes sur des plages autrefois réservées à quelques privilégiés, selon les experts.
PARIS, 18 août 2011 (AFP) - La récente augmentation des attaques de nageurs par les requins est avant tout le reflet du développement des vacances de masse déversant de plus en plus de touristes sur des plages autrefois réservées à quelques privilégiés, selon les experts.
Parmi les derniers accidents en date, un jeune marié brit
annique tué mardi par un squale aux Seychelles sous les yeux de son épouse lors de leur lune de miel a défrayé la chronique. Face à ce deuxième accident mortel similaire en un mois - un Fr
ançais avait été tué au même endroit 15 jours plus tôt -, les autorités ont interdit ces plages paradisiaques aux baigneurs. Mercredi, d
ans la zone extrême-orientale de Russie, un adolescent a été grièvement blessé lors d'une attaque d
ans la région de Primorié. La veille d
ans le même district de Khass
an, un jeune homme de 25
ans a eu les bras arrachés jusqu'au coude par les morsures d'un requin à 50 mètres de la plage. Au même moment d
ans les Caraïbes, une vac
ancière à Porto-Rico était blessée par l'un de ces prédateurs, dont un tiers des espèces est classé en d
anger d'extinction par l'Union internationale de la Conservation de la Nature (UICN).
Selon un bil
an international établi par l'Université de Floride, on a recensé l'
an dernier 79 attaques de requins d
ans le monde dont six mortelles, soit une hausse de 25% des accidents par rapport à 2009. Pour 2011, on compte déjà six cas mortels et sept cas de blessures selon un décompte de l'AFP. "Il n'y a en moyenne que 5 attaques par
an d
ans le monde, c'est assez faible comparé aux attaques d'autres
animaux comme les éléph
ants, crocodiles, abeilles ou cobras", indique à l'AFP Agathe Lefr
anc, chargée de mission scientifique à l'Association pour l'étude et la conservation des sélaciens, inclu
ant requins et raies (APECS). "Les attaques de requins sont systématiquement médiatisées, mais on n'a pas concrètement d'éléments montr
ant que les requins sont devenus super agressifs de par la raréfaction de la nourriture, par exemple", ajoute-t-elle.
Mer rouge Première explication av
ancée: le développement de la mobilité des touristes. Grâce aux vols à bas coût, un nombre toujours plus gr
and de vac
anciers peut aller nager, plonger ou surfer d
ans des endroits préservés jusqu'à récemment de toute présence humaine."L'augmentation du nombre des attaques reflète certainement le temps croiss
ant passé par les humains d
ans la mer", selon les observations de l''Université de Floride. Pour David Jacoby, de l'Association de biologie marine (MBA) de Plymouth (Gr
ande-Bretagne), les raisons des attaques sont souvent locales, mal comprises et font rarement l'objet d'enquêtes.
En novembre et décembre derniers, Charm el-Cheikh, joyau touristique égyptien sur la Mer rouge, a été le théâtre de cinq attaques en une semaine, tu
ant une septuagénaire allem
ande qui s'y baignait. Selon les autorités égyptiennes, les prédateurs ont pu être attirés près des côtes par un bateau tr
ansport
ant du bétail ay
ant jeté en mer des moutons morts. D'autres accusaient la pratique de certains
animateurs jet
ant de la nourriture aux requins pour assurer des séquences gr
ands frissons aux touristes.
Selon le spécialiste égyptien de l'environnement, Magdi al-Alw
ani, les requins auraient pu être forcés de venir près des côtes du fait de la surexploitation des fonds de pêche d
ans leur milieu naturel. "Ce ne sont que des suppositions ou alors des observations trop
anecdotiques pour qu'on puisse en sortir des généralités", note cepend
ant Agathe Lefr
anc soulign
ant qu'on "pourrait aussi imaginer que le réchauffement climatique fasse évoluer les aires de répartition des espèces."
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