À Strasbourg, quatre mois de prison avec sursis ont été requis contre une sexagénaire ayant frappé à coups de bâton une femelle lynx en octobre 2024. L'animal, qui attaquait l'une des poules de la prévenue, avait été transféré en urgence en clinique vétérinaire, avant de succomber à ses blessures.
Quatre mois de prison avec sursis ont été requis vendredi 27 mars 2026 à Strasbourg contre une femme de 62 ans poursuivie pour avoir tué à coups de bâton un lynx - espèce strictement protégée - qui s'était attaqué à une de ses poules, prénommée Marie-Thérèse. La "légitime défense" ne s'applique pas ici, car "quand bien même il ne s'agirait pas d'une espèce protégée, on ne peut pas tuer un animal pour en sauver un autre", a asséné devant le tribunal correctionnel la représentante du parquet, Priscille Cazaux.
L'incident s'est déroulé le matin du 18 octobre 2024, à Niederbronn-les-Bains (67) un bourg de 4.000 habitants situé dans une zone boisée du nord de l'Alsace. La prévenue s'était précipitée dans son jardin parce que l'une de ses cinq poules était attaquée. Après avoir tenté de faire fuir le prédateur - qu'elle dit avoir pris pour un chat - elle s'était saisie d'un bâton et l'avait violemment frappé à la tête. Elle avait ensuite appelé la police municipale. Un spécialiste du lynx, correspondant en Alsace de l'Office français de la biodiversité (OFB), était rapidement intervenu et avait évacué le félin en urgence vers la clinique vétérinaire la plus proche.
Un jugement attendu en mai prochain
Ayant subi "plusieurs coups dans une zone létale" et souffrant de deux fractures au crâne et d'un "hématome sous-dural", selon le rapport d'autopsie, la jeune femelle de 4,2 kilos, âgée de quelques mois et affamée, n'avait pas survécu. La sexagénaire a raconté avoir été prise de "panique" à la vue du prédateur. "J'étais choquée, j'ai crié, mais il ne lâchait pas. J'ai frappé pour qu'il lâche ma poule", a-t-elle retracé devant le tribunal. "La perte d'un lynx est inestimable pour l'écosystème", car cette espèce, qui ne compte que 150 individus dans toute la France dont une dizaine dans les Vosges, est en "danger critique d'extinction", a fait valoir devant le tribunal Pauline Laizet, avocate de deux des associations de défense des animaux qui se sont portées parties civiles.
La prévenue a été confrontée à une "situation stressante qu'elle n'a pas su gérer", a plaidé son avocate, Juliette Isaac. Elle a confondu le lynx avec un "gros chaton" et "n'a jamais eu l'intention de détruire cet animal, et encore moins une espèce protégée", a-t-elle ajouté. Le tribunal rendra sa décision le 20 mai 2026.
(Avec AFP)
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