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Enquête

L214 dénonce l’horreur « des vaches découpées vivantes » dans un abattoir en Martinique

L214 porte plainte contre l’établissement pour sévices graves et mauvais traitements. La Fondation 30 Millions d’Amis se constituera partie civile en cas de procès. /©L214

L214 dénonce les conditions d’abattage des vaches et des veaux à l’abattoir public du Lamentin, en Martinique. L’association a déposé plainte. La Fondation 30 Millions d’Amis se constituera partie civile en cas de procès.

Des bovins égorgés encore conscients, des animaux découpés encore en vie… La nouvelle enquête publiée par L214 ce 26 mars 2026 fait froid dans le dos ! Celle-ci porte sur les conditions d’abattage des vaches et des veaux à l’abattoir public du Lamentin, en Martinique. Les lanceurs d’alerte rendent publiques des images montrant de graves dysfonctionnements au sein du site, à la fois structurels et aussi liés aux modes opératoires.

« L’État complice »

Parmi les souffrances relevées par L214, on retrouve des bovins « égorgés encore conscients », dans un box de contention « inadapté » d’après l’association, « rendant l’étourdissement aléatoire et empêchant une perte de conscience suffisante avant la saignée ». On note aussi des animaux découpés vivants, des veaux placés jusqu’à 3 dans ce box de contention, alors que « les animaux doivent être étourdis un par un et de façon isolée », rappellent les lanceurs d’alerte.

L’association dénonce également des « coups d’aiguillon électrique abusifs », notamment « sur des zones interdites, lorsqu’ils ne peuvent avancer ou de façon répétée ». L214 demande au préfet de la Martinique la fermeture immédiate de l’abattoir du Lamentin et porte plainte contre l’établissement pour sévices graves et mauvais traitements. La Fondation 30 Millions d’Amis se constituera partie civile en cas de procès.

Les lanceurs d’alerte dénoncent des bovins « égorgés encore conscients ». /©L214

« Une fois encore, ces images montrent que des atrocités perdurent chaque jour dans les abattoirs, en France métropolitaine comme en Outre-Mer, et que les conditions d'abattage sont loin d'être maîtrisées faute de contrôles suffisants, déplore Lorène Jacquet, Responsable Campagnes et Plaidoyer de la Fondation 30 Millions d'Amis. Il est absolument intolérable d'infliger de telles souffrances à des animaux avec la complicité passive de l’État, dont la mission est de faire appliquer des normes déjà bien trop souples et permissives. Les animaux sont des êtres sensibles, il est grand temps de tous les considérer avec la même empathie et de les traiter avec respect, y compris dans les abattoirs. »

Un nouvel état des lieux des abattoirs « indispensable »

Dans son communiqué, L214 réclame de son côté un audit complet des abattoirs en France, rappelant les conclusions du précédent, qui remonte à 2016 : « 80 % des abattoirs présentent des non-conformités, dont 31 % de non-conformités moyennes et majeures ». Le dernier audit avait mené à « plusieurs mesures prises par l’État », notamment « la fermeture de 2 établissements », ou encore « l’extension du délit de maltraitance animale aux abattoirs ». Depuis, l’association a publié 18 enquêtes en abattoir, révélant à chaque fois des dysfonctionnements graves. « Les non-conformités ont été observées alors que ces abattoirs étaient placés sous le contrôle et la surveillance continue des services vétérinaires de l’État », regrettent les lanceurs d’alerte.

Ils réclament un nouvel état des lieux « indispensable » dix ans après et demandent un moratoire sur la construction de nouveaux établissements. « Annie Genevard (ndlr, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire) a annoncé au Salon de l’agriculture la nécessité de construire de nouveaux abattoirs alors qu’elle est incapable de faire respecter la réglementation dans ceux qui existent, souligne Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214. En 3 ans, nous avons fait condamner l’État 7 fois pour manquement à sa mission de contrôle vétérinaire dans les abattoirs. »

Le dernier baromètre annuel de la Fondation 30 Millions d’Amis mené avec l’Ifop, publié en janvier 2026, a révélé que 92 % des Français sont favorables à la vidéosurveillance dans TOUS les abattoirs, et que 81 % sont favorables à l’abattage des animaux sur leur lieu d’élevage plutôt qu’en abattoir.