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Maltraitance

Il se filme avec un bébé tigre en souffrance, la Fondation 30 Millions d’Amis porte plainte

Dans cette vidéo, un influenceur français se filme avec un bébé tigre en souffrance, probablement drogué. / ©Capture vidéo

La vidéo, diffusée le 26 février 2026 sur Snapchat et vraisemblablement filmée en Thaïlande, montre un jeune influenceur aux côtés d’un tigreau amorphe et en mauvais état. La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce la capture et la diffusion de ces images complices de sévices graves et actes de cruauté sur un animal et porte plainte contre leurs auteurs.

Voilà une preuve irréfutable du tourisme d’exploitation d’animaux sauvages. Le 26 février 2026, une vidéo diffusée sur Snapchat (avant d’être retirée) met en scène l’influenceur français Rayane PSN allongé dans une cage, à côté d’un tigreau en souffrance, privé de liberté et de congénères. Sur ces images – publiées sur deux comptes distincts – la vulnérabilité de l’animal saute aux yeux. Le jeune tigre est inapte à se tenir debout, rampe et semble atteint d’une paraparésie des membres antérieurs et postérieurs. « On voit un animal qui est de toute évidence en souffrance, probablement drogué [avec] une volonté de l’exposer pour faire des vues [sur les réseaux sociaux] », confirme Me Caroline Lanty, avocate pour la Fondation 30 Millions d'Amis. 

La Fondation 30 Millions d’Amis demande l’ouverture d’une enquête

Mais la détresse évidente du tigreau ne semble pas faire réfléchir l’influenceur, qui interpelle le caméraman sur l’état de l’animal : « Y m’ont ramené un tigre handicapé, il marche pas, j’ai pas capté. Téma, y marche pas », ânonne le jeune homme. L’influenceur demande le « changement » de l’animal , prétextant que celui-ci n’est pas « amusant ». « Il ne fait pas appel à d’éventuels soigneurs, ni ne dénonce la situation misérable de cet animal probablement sédaté », déplore Me Caroline Lanty.

 

La Fondation 30 Millions d’Amis a à cœur de sensibiliser la jeune génération sur la maltraitance animale.

Reha Hutin

Face à ces images banalisant la maltraitance et l’exploitation des animaux sauvages, la Fondation 30 Millions d’Amis a déposé plainte et sollicité la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale (DNLMA). Elle demande, en parallèle, l’ouverture d’une enquête préliminaire. « La Fondation 30 Millions d’Amis a à cœur de sensibiliser la jeune génération sur la maltraitance animale. Ces images rappellent que les efforts de pédagogie en la matière sont malheureusement encore nécessaires et essentiels », déclare Reha Hutin, sa Présidente.

Des faits condamnables, même commis en Thaïlande

Ces images mettent en lumière les réalités de l’exploitation d’animaux sauvages, notamment au sein du zoo Tiger Kingdom (Thaïlande) dont le logo figure en arrière-plan de la vidéo. À la veille de sa diffusion, l’établissement faisait mauvaise presse avec la circulation d’un virus ayant provoqué le décès de 72 tigres, selon un article de Courrier International (25/02). La Wildlife Friends Foundation Thailand avait dénoncé et déploré « l’extrême vulnérabilité des installations pour animaux sauvages en captivité face aux maladies infectieuses ».  

Bien que les faits se soient produits hors du territoire français, ils peuvent être poursuivis si l’auteur présumé de l’infraction est français et si les faits reprochés sont eux-mêmes condamnables en France et à l'étranger. Et l’article 521-1-2 du code pénal dispose bien que : « Est constitutif d'un acte de complicité de mauvais traitements sur un animal et est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe le fait d'enregistrer sciemment, par quelque moyen que ce soit et sur quelque support que ce soit, des images relatives à la commission de l'infraction de mauvais traitements précitée ». Le fait de diffuser sur internet l'enregistrement de telles images est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.

Pour Me Caroline Lanty, « cet article du code pénal représente une avancée significative dans la lutte contre la maltraitance animale, en ciblant non seulement les auteurs directs des infractions de sévices graves, actes de cruauté et de mauvais traitements, mais aussi ceux qui participent indirectement par l'enregistrement ou la diffusion des images de ces actes ».

Des animaux « chosifiés »

Sur Internet, de nombreux avis sur le Tiger Kingdom reflètent les mauvaises conditions dans lesquelles sont enfermés des tigres : des « espaces étroits », « cages minuscules », « mères privées de leurs bébés », « aucun comportement naturel »… la liste des anormalités pointées sur le net est longue. « Vous choisissez le tigre avec lequel vous voulez passer du temps (bébé, jeune, adulte), (…) et on vous emmène dans un petit espace où le tigre est complétement amorphe, tripoté toute la journée par des touristes », dénonce à son tour une internaute.

 

La souffrance de ces animaux, elle, est bien réelle !

Reha Hutin

Ces témoignages rendent compte des conditions de détention des tigres au sein de ces parcs lucratifs, exploitant des animaux sauvages pour attirer les touristes. « C’est très grave, puisque cela envoie une image tronquée de situations d’une normalité apparente qui en réalité ne l’est absolument pas : la souffrance de ces animaux, elle, est bien réelle ! déplore Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. À travers leur communauté, ces influenceurs véhiculent des messages extrêmement négatifs en utilisant comme faire-valoir un animal "chosifié". »