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Maltraitance

Affaire Nikita : simple sursis pour avoir tué de sang-froid sa chienne adoptée

Après un passif difficile, Nikita avait rejoint le refuge communal de la Ville d’Aix-en-Provence (13), aussi appelé "Refuge de l'Arbois", en novembre 2025. / Capture d'écran Facebook Refuge de l'Arbois - Complexe Animalier d'Aix en Provence

Nikita, une chienne de 3 ans, a été mutilée et tuée de sang-froid par son adoptant. En dépit de la cruauté des faits et des peines encourues, l’auteur des faits n’a été condamné qu’à une peine de prison avec sursis. Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis interpelle le ministre de la Justice et le procureur général d’Aix-en-Provence (13) sur le traitement judiciaire des cas de maltraitance animale.

Fin février 2026, la chienne Nikita – recueillie par le refuge communal de la Ville d’Aix-en-Provence (13) en novembre 2025 – est adoptée par un certain Nicolas S. L’individu de 28 ans prétend avoir eu un « coup de cœur » pour l’animal. Une vie paisible devait s’annoncer pour la chienne, auparavant victime de maltraitance animale. Mais l’idylle tourne rapidement au cauchemar. Peu après son adoption, Nicolas S. annonce au refuge avoir placé Nikita au sein d’une autre famille. Selon lui, l’animal aurait attaqué le chien du voisin, lui occasionnant trois points de suture. Nicolas S. s’acquitte des frais vétérinaires, refusant un accompagnement de la commune pour recourir aux services d’un comportementaliste.

Des aveux glaçants

Face à l’insistance du refuge pour récupérer Nikita, Nicolas S. prétend alors l’avoir euthanasiée à l’aide d’un prétendu "ami vétérinaire". S’agissant d’une pratique très réglementée, la commune insiste pour connaître le nom du praticien : en vain.

Nouveau rebondissement quelques jours plus tard, Nicolas S. contacte à nouveau le refuge et lui avoue avoir tué la chienne par arme à feu. Cet échange téléphonique, versé au dossier et dont 30millionsdamis.fr a pris connaissance, a été enregistré : « Dans un élan de panique, je l’ai tuée de mes propres mains. […] J’ai enterré [le corps] dans la forêt, mais je peux aller le récupérer si vous en avez besoin », reconnait le mis en cause.

À la demande des agents communaux, il leur dépose le corps de la chienne « enveloppée dans une couverture ». L’autopsie révèlera que Nikita a également eu l’épaule arrachée. « Son corps était une véritable boucherie, rapporte Me Caroline Lanty, avocate de la Fondation 30 Millions d’Amis. Il voulait lui retirer la puce d’identification ! »

Du simple sursis, malgré la gravité des faits

Jugé en comparution immédiate pour sévices graves et actes de cruauté le 27 février 2026, Nicolas S. encourt la plus haute sanction prévue par le législateur : cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Or, le tribunal correctionnel d’Aix en Provence prononce une peine de… seulement 18 mois de sursis ! « Pour des faits témoignant de la plus haute gravité à l’égard d’un animal domestique et en dépit de toutes les preuves, l’ancien détenteur de Nikita s’en sort avec des sanctions non dissuasives qui ne sont pas à la hauteur de la gravité des faits ! s’indigne Me Caroline Lanty. Sa dangerosité est avérée, or le tribunal n’a prononcé aucun suivi psychiatrique, préférant le laisser dans la nature. »

 

En dépit de toutes les preuves, l’ancien détenteur de Nikita s’en sort avec des sanctions non dissuasives.

Me Caroline Lanty

Reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, Nicolas S. est également condamné à l’interdiction d’exercer une activité en lien avec les animaux pendant dix ans avec exécution provisoire, à une interdiction définitive de détenir un animal et à l’interdiction de port et détention d’arme cinq ans. « Il se trouve que l’individu s’était procuré un autre chiot auprès d’un éleveur, prétendant vouloir repartir à zéro », précise Me Lanty à 30millionsdamis.fr. L’animal, qui répond au nom de Tchoupi, a été confisqué par le juge et remis au refuge de l’Arbois (13).

Reha Hutin en appelle au ministre de la Justice

« Le cas "Nikita" montre une réalité préoccupante du traitement judiciaire des affaires de maltraitance animale », s’alarme Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. Plaidant pour une véritable politique pénale ambitieuse et un traitement judiciaire ferme et « véritablement dissuasif » pour répondre aux actes de maltraitance animale, Reha Hutin s’est adressée par courrier au Garde des sceaux et ministre de la Justice, Gérald Darmanin. « L’usage excessif des alternatives aux poursuites favorise le sentiment d’impunité et permet à des individus dangereux de récidiver sur d’autres animaux, prévient-elle. Il est urgent et indispensable que le ministère de la Justice s’implique pleinement pour que les magistrats soient sensibilisés à l’importance de prononcer des peines à la mesure de la gravité des actes de cruauté perpétrés ». Un courrier a également été adressé à Franck Rastoul, procureur général d’Aix-en-Provence.

Quelques mois auparavant, en septembre 2025, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait signé un partenariat avec des associations de protection animale pour unir deux batailles dans un seul et même combat : celui contre la violence, qu’elle soit dirigée contre les animaux ou contre les humains. Une initiative saluée par Reha Hutin qui appellait dans un courrier, le ministre de la Justice, à encourager et généraliser cette initiative.

Le Parquet fait appel

La Fondation 30 Millions d'Amis, partie civile au procès, a demandé au Parquet de faire appel de cette condamnation. Elle a été entendue ! Dans l’attente d’une prochaine audience pour rendre justice à Nikita, la Fondation poursuivra son action pour que soient fermement condamnés les auteurs d’actes de cruauté sur les animaux.