La diversité génétique des orangs-outans s'avère plus grande qu'escompté, ce qui pourrait augmenter leurs chances de survie, selon des scientifiques qui publient jeudi la première analyse complète du génome de ce grand singe menacé.
PARIS, 26 jan 2011 (AFP) - La diversité génétique des orangs-outans s'avère plus grande qu'escompté, ce qui pourrait augmenter leurs chances de survie, selon des scientifiques qui publient jeudi la première analyse complète du génome de ce grand singe menacé.
Le génome de l'or
ang-out
an - "l'homme de la forêt" - est resté "extraordinairement stable au cours des 15 derniers millions d'
années", souligne Richard Wilson, directeur du centre de génomique de l'Université Washington (Saint-Louis, Etats-Unis) qui a dirigé ce projet. Ce qui contraste, avec ses plus proches cousins, l'homme et le chimp
anzé, dont le génome a subi des réorg
anisations à gr
ande échelle "pouv
ant avoir accéléré leur évolution", relève le Pr Wilson d
ans un communiqué. Une équipe internationale de scientifiques apparten
ant à une trentaine de laboratoires de huit pays différents a participé au séquençage du génome d'une femelle or
ang-out
an, surnommée Susie, dont les résultats paraissent jeudi d
ans la revue scientifique brit
annique Nature.
Les chercheurs ont également étudié l'ADN de cinq autres or
angs-out
ans de Sumatra et de cinq or
angs-out
ans viv
ant sur une autre île indonésienne, Bornéo. Alors que ces gr
ands singes viv
ant d
ans les arbres étaient autrefois disséminés d
ans toute l'Asie du Sud-Est, ils ne restent mainten
ant que 40.000 à 50.000 or
angs out
ans à Bornéo et guère plus de 7.000 individus sur l'île de Sumatra, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ces deux groupes se sont séparés génétiquement voici 400.000
ans, beaucoup plus récemment que ne le laissaient supposer de précédentes études.
Ils constituent mainten
ant des espèces séparées mais étroitement apparentées, Pongo abelii (Sumatra) et Pongo pygmaeus (Borneo), selon les travaux publiés jeudi. Il y a en moyenne une plus gr
ande diversité génétique chez les or
angs-out
ans que chez l'homme, explique Devin Locke, principal auteur de l'étude. Et, gr
ande surprise, la diversité est plus gr
ande au sein de la petite population d'or
angs-out
ans de Sumatra que parmi leurs proches cousins de Bornéo. Etonnés par cette découverte, les scientifiques estiment que cela pourrait accroître les ch
ances de survie des deux populations. Leur diversité génétique pourrait leur permettre de rester plus facilement en bonne s
anté et de s'adapter aux ch
angements de leur environnement.
Mais "si la forêt disparaît, alors peu importe la diversité génétique, l'habitat est absolument essentiel", souligne Jeffrey Rogers (Baylor College of Medicine à Houston, Texas) autre co-auteur de l'étude. "Si les choses continuent sur la même l
ancée pend
ant les trente prochaines
années, nous n'aurons plus d'or
angs out
ans d
ans la nature sauvage", prévient-il. Les or
angs-out
ans qui peuvent vivre 35 à 45
ans en liberté, une dizaine d'
années de plus en captivité, sont capables de fabriquer et d'utiliser des outils et d'une forme d'apprentissage culturel, deux caractéristiques longtemps jugées spécifiques à l'homme.
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