L’association L214 dévoile une enquête sur les conditions d’élevage de plusieurs dizaines de milliers de cailles. Alors que l’emballage des œufs de cet établissement vendéen rassure sur le respect du bien-être animal, les lanceurs d’alertes dénoncent une hygiène déplorable imposée à ces oiseaux, enfermés et entassés en permanence dans des cages et volières. Selon le dernier baromètre de la Fondation 30 Millions d’Amis, 90 % des Français rejettent l’élevage en cages (Ifop – 2026).
Ce n’est pas la première fois que L214 révèle des pratiques de production incompatibles avec les mentions mises en avant par la Filière Qualité Carrefour. En janvier 2026, une précédente enquête dévoilait l'enfermement de milliers de lapins dans des cages dans un élevage de Maine-et-Loire approvisionnant la marque en viande. L214 avait porté plainte contre l’exploitation et contre Carrefour. La Fondation 30 Millions d’Amis s’était constituée partie civile.
Des conditions fortement inadaptées aux besoins de l’espèce
Parmi ces animaux, 30.000 cailles pondeuses sont élevées dans deux volières de 200m², sans aménagement adapté aux besoins comportementaux des animaux. Au contraire, les simples « chaînes et pierres » utilisées en guise d’"enrichissement" de leur environnement s’avèrent largement insuffisantes pour assurer toute fonction de repos ou de nidification. « Les cailles y pondent pendant 10 mois puis sont envoyées à l’abattoir », indique L214.
À cela s’ajoutent 65.000 cailles reproductrices (mâles et femelles) vivant quant à elles exclusivement en cage pendant 6 mois, avant d’être tuées à l’abattoir. Ni zone de repos aménagée ni litière ne sont observés.
Des cadavres laissés au milieu des cailles vivantes
Pire, ces cailles pondent et fécondent leurs œufs dans un environnement insalubre. Les images, consultées par 30millionsdamis.fr, révèlent des « œufs cassés au sol » ; « de la poussière épaisse », ainsi que des « cadavres en décomposition ». Les corps inertes gisent sur un sol grillagé, au milieu des vivants. D’autres sont entassés dans un congélateur ou dans des poubelles. « Les cailles vivent dans un environnement incompatible avec les exigences sanitaires », poursuit l’association.
À cela s'ajoutent des contrôles des services vétérinaires de l’État quasiment inexistants.
L214
Parmi les infractions relevées par L214, l’établissement bénéficie d’une « ventilation inadaptée », d’une « absence de nettoyage et de désinfection régulière » ainsi que d’un « défaut d’entretien général des installations ». Alors que des milliers de spécimens meurent au sein de cet élevage vendéen selon les informations de L214, l’ensemble de ces cailles « pondent à elles seules 7 % de la production annuelle d'œufs de cailles de table en France ». De ce fait, les lanceurs d’alerte dénoncent « des contrôles des services vétérinaires quasi inexistants ». La réglementation impose pourtant des contrôles des normes sanitaires dans les lieux d'élevage destinés à la production de denrées alimentaires [article R. 231-13 du Code rural et de la pêche maritime] . Pourtant, selon L214, seulement 1% de ces élevages sont contrôlés par an.
L’association porte plainte contre Carrefour pour allégations mensongères
L’établissement, mis en avant par Carrefour pour sa communication Filière Qualité, valorise pourtant « des cailles libres de voler », et le respect des animaux dans sa communication et ses emballages. La mention « densité fortement réduite » figure parmi les promesses de la marque dans un rapport sur le bien-être animal en date du 20 juillet 2021. Soit une image véhiculée totalement contrastée avec la réalité. « La présentation du produit, qui ne relève pas d’une simple imprécision marketing, est susceptible d’induire le consommateur en erreur sur une caractéristique essentielle du produit, à savoir son mode de production et le niveau de bien-être animal garanti », pointe du doigt L214.
Carrefour joue sur les allégations rassurantes en affirmant que ses cailles ne sont pas élevées en cage. « Or, chaque fabricant dispose d’une liberté de communication sur ses produits sous réserve qu’elle ne trompe pas le consommateur », souligne L214. Les lanceurs d’alerte déposent plainte contre l’élevage pour mauvais traitements sur les animaux et contre Carrefour pour pratiques commerciales trompeuses.
L’élevage intensif rejeté par 8 Français sur 10
Bien qu’il n’existe aucune réglementation spécifique pour l’élevage de cailles – contrairement à l’élevage de poules pondeuses pour la production d’œufs – 8 Français sur 10 rejettent l’élevage intensif, et 90 % des citoyens soutiennent l’interdiction européenne de l’élevage en cage, selon le Baromètre 2026 ‘Les Français et le bien-être animal » de la Fondation 30 Millions d’Amis, réalisé par l’Ifop. Pour Christophe Marie, porte-parole de la Fondation 30 Millions d’Amis, « cette enquête de L214 soulève une fois de plus la question du manque de réglementation pour certaines filières, notamment les cailles de chair. Il y a urgence à accompagner les éleveurs européens pour une transition vers un élevage sans cage. D’autant plus que, derrière ces images fantaisistes, les conditions de ces cailles restent similaires à celles d’autres animaux issus de l’élevage industriel ».
Ce n’est pas la première fois que L214 révèle des pratiques de production incompatibles avec les mentions mises en avant par la Filière Qualité Carrefour. En janvier 2026, une précédente enquête dévoilait l'enfermement de milliers de lapins dans des cages dans un élevage de Maine-et-Loire approvisionnant la marque en viande. L214 avait porté plainte contre l’exploitation et contre Carrefour. La Fondation 30 Millions d’Amis s’était constituée partie civile.
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