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Biodiversité

Bretagne : des oiseaux souillés par du pétrole de l’Erika recueillis en centre de soins

Un guillemot mazouté en train d'être lavé en centre de soins pour retrouver son étanchéité. / ©Romain Morinière - LPO

Des pingouins et guillemots souillés par du pétrole attribué à l’épave de l'Erika, un pétrolier échoué en 1999, ont été retrouvés dans le sud du Finistère. Le centre de soins LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) de l’Île Grande en a recueilli certains.

Des oiseaux souillés par un fioul présentant des similitudes avec celui du pétrolier Erika, échoué en 1999 au large de la Bretagne, ont été retrouvés sur les plages du Finistère. C’est Le Cedre, centre spécialisé dans les pollutions accidentelles des eaux, qui a donné l’alerte. Ces oiseaux mazoutés ont été recueillis par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) : « Depuis 2019, nous accueillons une dizaine de pingouins torda et des guillemots de Troïl mazoutés chaque hiver, témoigne Romain Morinière, responsable de la Station LPO de l'Ile Grande (Côtes-d'Armor). Cette saison, nous avons récupéré 25 oiseaux [huit sur les trois derniers mois de 2025 et 17 depuis le 1er janvier 2026 : ndlr]. » Selon le centre de soins, d’autres arrivées pourraient survenir dans les prochaines semaines. « C’est imprévisible, confie R. Morinière à 30millionsdamis.fr. La situation dépend des conditions météorologiques. »

Des oiseaux en hypothermie

Les analyses conduites par Le Cedre concluent « a de fortes similitudes avec le fioul de l'Erika », a précisé à l’AFP Nicolas Tamic, directeur adjoint de l’établissement, basé à Brest. Une situation « inédite » pour Romain Morinière de la LPO : « Les tests effectués pour les oiseaux mazoutés recueillis par notre centre ces dernières années coïncidaient jusqu’à présent avec le fioul du pétrolier Le Tanio [échoué en 1979 : ndlr]. »

Arrivés affaiblis sur les plages, ces pingouins et guillemots – espèces protégées en France – présentent des tâches d’hydrocarbure sur leur plumage. « À partir du moment où du mazout s’étale sur leurs plumes, leur couverture de survie ne fonctionne plus, ce qui entraîne une hypothermie », explique R. Morinière. Incapables de se nourrir, ces oiseaux ne peuvent alors survivre qu’avec l’aide de l’humain. « Nous sommes obligés de les laver pour qu’ils retrouvent leur étanchéité, les nourrir et les disposer dans des piscines puisque ce sont des oiseaux qui vivent en permanence dans l’eau », poursuit le responsable du centre de soins.

Plus de 400 individus recueillis depuis 2019

Depuis 2019, le centre LPO Île de Grande a recueilli 410 oiseaux mazoutés. « Ce n’est que la partie visible de l’Icerberg, nuance le responsable de la Station. On estime que 10 % des oiseaux s’échouent sur les plages, mais les autres sont perdus en mer… » Seulement une partie des rescapés parviennent à être relâchés dans leur milieu naturel.

Des pingouins et guillemots démazoutés en pisicne / ©Romain Morinière - LPO

La Fondation 30 Millions d’Amis est très attentive à la situation des centres de soins en France. « Ces structures d’accueil, de soins et de relâcher jouent un rôle indispensable pour secourir les animaux sauvages en détresse et la préservation de la biodiversité ; elles méritent tout notre soutien », rappelle Aline Maatouk, Chargé de mission Faune Sauvage de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Un dégât pour la biodiversité

Le Cedre a déjà analysé deux plumes et doit en analyser plusieurs autres. Ces oiseaux ont été retrouvés principalement dans le sud du Finistère, à Fouesnant, Plouhinec, Pouldreuzic ou Saint-Guénolé. Les deux morceaux de l'épave de l'Erika, éloignés de 10 km l'un de l'autre, gisent par 120 mètres de profondeur, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la pointe de Penmarc'h (Finistère).

Si le pétrole de l'épave avait bien été pompé à l'époque, « on ne peut pas le pomper intégralement », précise M. Tamic à l’AFP. « Il reste toujours ce qu'on appelle des impompables, c'est-à-dire des petites poches de carburant résiduel qui sont dans des endroits inatteignables par les services chargés de récupération de type de produits. Avec le temps qui s'écoule, les mouvements océaniques, les tempêtes, on peut avoir des évolutions de la structure et des libérations de fioul dans l'environnement. »

Le 12 décembre 1999, l'Erika, affrété par Total, avait sombré en libérant environ 20.000 tonnes de fioul lourd, qui avaient souillé les côtes françaises sur environ 400 kilomètres, provoquant la mort de 150.000 à 300.000 oiseaux.

(Avec AFP)