Dans une enquête publiée ce 22 janvier 2026, l’association L214 dénonce un élevage de Maine-et-Loire approvisionnant la Filière Qualité de Carrefour en viande de lapin. Les lanceurs d'alerte dénoncent l'enfermement de milliers de lapins dans des cages et portent plainte contre l’exploitation et contre Carrefour. La Fondation 30 Millions d’Amis se constituera partie civile.
Des lapins à l’agonie au fond de cages, qui s’étendent à perte de vue. C’est ce que dénonce L214 dans sa nouvelle enquête sur un élevage de Maine-et-Loire, publiée ce 22 janvier 2026 : « Plus de 600 lapines reproductrices sont enfermées dans des cages individuelles au sol grillagé. Elles donnent naissance à plus de 4 000 lapereaux tous les mois et demi, qui, eux non plus, ne connaîtront rien d’autre que ces cages grillagées. » Ces léporidés sont destinés à approvisionner la Filière Qualité de Carrefour.
L’enquête décrit l’environnement sordide que connaissent ces animaux, dans lequel des lapereaux naissent… « Les nouveaux-nés trop faibles, à l’agonie ou déjà morts, sont ramassés et placés dans un seau : ceux qui sont encore vivants sont condamnés à y mourir lentement. »
« Les nouveaux-nés trop faibles, à l’agonie ou déjà morts, sont ramassés et placés dans un seau », décrit L214. /©L214
Entassés jusqu'à 7 dans de minuscules espaces, les lapins développent des comportements anormaux comme ronger les barreaux ou se lécher jusqu’à la blessure. L214 précise dans son communiqué que « certains animaux souffrent de maladies ou de blessures douloureuses : yeux infectés, oreilles blessées, tumeurs ou abcès, tremblements incessants… Laissés sans soins dans ces cages surpeuplées, les plus faibles sont piétinés par leurs congénères. Certains ne survivent pas ».
Carrefour : des engagements sur le bien-être animal non respectés ?
D’autres images montrent comment les lapins sont « brutalement empoignés par la peau ou par les oreilles », puis entassés dans des cages de transport avant l’ultime étape : l’abattoir. « Filière Qualité Carrefour ? On devrait plutôt parler de “Filière Cruauté” ! C’est la deuxième fois que L214 amène la preuve des pratiques réelles cautionnées par Carrefour : le pire de l’élevage intensif, et donc l’élevage en cage, l’absence de soins aux animaux blessés…, s’indigne Ambre Bernard, chargée de campagnes agroalimentaires pour L214. Les lapins de cet élevage n’auront connu qu’une existence sordide, douloureuse, révoltante. Nous refusons de fermer les yeux face à ce scandale. »
Carrefour avait pourtant communiqué sur sa volonté d’œuvrer pour le bien-être animal, notamment la fin de la vente de viande de lapin venant d’élevages en cage. « Dès 2020, Carrefour annonçait que 100 % de la viande de lapin vendue sous ses marques propres proviendrait d’élevages où les animaux sont élevés dans des enclos aménagés d’ici 2023 », rapporte L214. Les lanceurs d’alerte portent plainte contre l’exploitation et contre Carrefour. L’association demande à l’enseigne de réduire le volume des produits issus de l’élevage intensif dans ses rayons. « Elle contribuerait ainsi à diminuer de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation française », précise L214. La Fondation 30 Millions d’Amis se constituera partie civile dans cette affaire.
La Fondation poursuit son action auprès des instances européennes
« Malheureusement cette nouvelle enquête L214 révèle que ce mode d'élevage de lapins en France, n'est pas une exception mais la règle : des animaux encagés qui ne peuvent exprimer leurs comportements naturels, remarque Christophe Marie, directeur des affaires nationales et européennes à la Fondation 30 Millions d’Amis. Nous poursuivons et intensifions notre action auprès des instances européennes afin que la Commission propose, dès 2026, une sortie des cages pour toutes les filières d’élevage comme elle s’y est engagée. »
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