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Trois nouveaux outils pour mesurer le bien-être animal

« Je suis promené régulièrement, à mon rythme, 2 à 4 fois par jour, pour faire mes besoins, courir et m’arrêter sur des odeurs » atteste par exemple qu’un toutou « mène une belle vie » d’après le dispositif de l’association l'Amah. /©AdobeStock

L’association contre la maltraitance animale et humaine (Amah), fondée par la vétérinaire Anne-Claire Gagnon, lance des outils de sensibilisation inédits, destinés à aider particuliers et professionnels à repérer les situations de maltraitance. Les explications de 30millionsdamis.fr.

Vert, orange, ou rouge : il ne s’agit pas là de feux tricolores, mais des couleurs de trois nouveaux "violentomètres" conçus pour évaluer le bien-être des animaux.

Les deux premiers outils, intitulés *« Violent mon maître ? », existent en version chien et chat. Présentés sous forme de fiches colorées, ils donnent la parole aux animaux pour décrire leur quotidien, du "bien-être" à la "détresse".  Un chien « promené régulièrement, à son rythme, 2 à 4 fois par jour » est ainsi placé dans le vert, signe d’une vie équilibrée. À l’inverse, rester « dans un jardin ou sur un balcon sans sorties » fait basculer vers le rouge, tout comme un chat « puni, enfermé ou privé de nourriture ». 

Aucune culpabilisation

«Lobjectif nest pas de culpabiliser, mais dinformer, explique le Dr Anne-Claire Gagnon à 30millionsdamis.fr. Beaucoup de maîtres ignorent certaines exigences du bien-être animal. Ces outils leur permettent de prendre conscience et daméliorer leurs pratiques. »  La vétérinaire rappelle que «les critères du bien-être animal évoluent» et que ces outils seront régulièrement mis à jour en fonction des connaissances scientifiques.

Le troisième support, « Violent ce maître ? », s’adresse cette fois aux vétérinaires. Il leur permet d’évaluer les situations de souffrance animale et d’identifier à quel moment un signalement s’impose : «Face à des signes de mal-être identifiés dans la zone orange, jessaie de dialoguer avec le propriétaire, indique le Dr Estelle Prietz, responsable de la commission protection et bien-être du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV). Beaucoup de gens ne perçoivent pas les conséquences de certains comportements. » 

L’outil « Violent ce maître ? » a pour objectif d’aider les professionnels à évaluer les maltraitances éventuelles sur les animaux. /©AdobeStock

Mais, comme le souligne la praticienne, «parler de "maltraitance" à un propriétaire venu pour soigner son animal nest pas toujours simple». Le "violentomètre" aide alors les vétérinaires à aborder ces situations avec des repères objectifs et bienveillants.

Un lien entre souffrance animale et humaine

L’Amah rappelle que maltraitance animale et maltraitance humaine vont souvent de pair. L’association a récemment traité un cas dans lequel un enfant vivait au milieu de 15 chats dans un appartement exigu.  «Dans ces cas, il faut à la fois réduire le nombre danimaux et accompagner humainement la personne responsable, souligne le Dr Gagnon. Ces actions permettent parfois de protéger aussi des femmes et des enfants en danger. » 

La Fondation 30 Millions d’Amis est – elle aussi – régulièrement confrontée à ce type de situations. Comme le rapporte Virginie Faugas, juriste à la Fondation, « la découverte de deux chiens maltraités dans le Pas-de-Calais a également permis de signaler des enfants vivant sous la violence d’un père agressif » [voir notre article].

Une affiche choc pour briser le silence

Les "violentomètres" de l’Amah sont disponibles en ligne et seront prochainement diffusés aux vétérinaires de France. L’association envisage également de les afficher dans les écoles afin d’ouvrir le dialogue avec les enfants sur la manière de traiter les animaux.  «Ces discussions peuvent parfois révéler des violences humaines, conclut Anne-Claire Gagnon. En parlant de leur animal, certains enfants livrent aussi ce qu’ils vivent eux-mêmes. »

Affiche de sensibilisation de l'association Amah. /©Amah

En parallèle, l’Amah diffuse une affiche de sensibilisation inspirée d’un dessin d’enfant. On y voit une mère en pleurs et un lapin enfermé, accompagnés du message : « La violence domestique peut toucher chaque membre de la famille… Rien ne la justifie. »

Conçue par la vétérinaire Jessica Dépigny, cette affiche rappelle « qu’un vétérinaire peut être un acteur de protection, pour les animaux comme pour leurs maîtres ». Elle est actuellement visible dans la région lilloise et pourrait être déployée à l’échelle nationale.