Les spectacles de tauromachie sont toujours autorisés aux moins de 16 ans. Un collectif de professionnels de santé s’est constitué pour réclamer l’interdiction des arènes à cette catégorie de spectateurs. Une initiative soutenue par la Fondation 30 Millions d’Amis.
Les spectacles de tauromachie sont toujours autorisés aux moins de 16 ans. Un collectif de professionnels de santé s’est constitué pour réclamer l’interdiction des arènes à cette catégorie de spectateurs. Une initiative soutenue par la Fondation 30 Millions d’Amis.
«
On fait de plus en plus attention à ne pas exposer les plus jeunes à des scènes de violence en prenant soin d’appliquer une signalétique spéciale à certains films ou certaines émissions. Et pour la corrida, qui est quand même la violence à l’état pur, avec bain de sang, horreur et mort réelle, on ne se soucie pas de l’effet que cela peut avoir sur un jeune enfant, s’étonne Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.
On décrie la violence virtuelle de certains jeux vidéo alors que là, on est bien dans la réalité. »

Ce paradoxe, Reha Hutin le souligne depuis de nombreuses
années. Depuis peu, certains professionnels de l’enf
ance ont décidé de se regrouper en collectif et de relayer ce message. Médecins pédiatres, psychiatres, psychologues, souvent originaires du Sud de la Fr
ance, là où la corrida s’affiche et se revendique. Leur objectif : dem
ander l’interdiction pure et simple des arènes aux moins de 16
ans en s’appuy
ant sur une motion l
ancée par le psychiatre Je
an-Paul Richier, en novembre 2007, soutenue par une pétition portée par la patineuse Surya Bonali à l’adresse de Nicolas Sarkozy et déposée dev
ant l’Assemblée Nationale.
Les écoles de tauromachies fleurissent
«
Lorsque j’observe les visages des enfants spectateurs de corridas dans les arènes, je suis frappé par l’expression de leur visage, confie Christophe Pioch, psychologue membre du collectif.
Le plus souvent on y lit de l’effroi, de la stupéfaction. Plus rarement du désintérêt, signe que la violence du spectacle est finalement devenue banale. » Et c’est exactement ce contre quoi se bat le collectif.
« Or la Corrida cache sa violence et ses actes de torture sous les paillettes et un lien pseudo-culturel poursuit le professionnel de santé. La beauté est mise en avant de la violence. »
Malheureusement, la possibilité pour les enf
ants d’assister au spectacle sordide livré par les corridas ne s’arrête pas aux portes des arènes. Les écoles de tauromachie fleurissent aux abords d’Arles (13), Nîmes (30), Hagetmau (40) ou Béziers (34) accueill
ant jusqu’à 20 élèves par classe. Installées en rase campagne, ces « classes » du mercredi après-midi sont ouvertes aux enf
ants à partir de 10
ans. On y apprend à faire tourner une cape, à tenir une b
anderille, à pl
anter une épée d
ans la nuque d’un taurillon… On s’habitue au s
ang qui gicle et aux cris des
animaux agonis
ants, à la mort glorifiée. «
Les parents sont fiers ! souligne Thierry Hely, porte parole de la FLAC-Aquit
ania (Fédération de Lutte
Anti-Corrida).
Dans leur imaginaire, leur enfant va devenir la futur star des arènes que le monde tauromachique attend avec impatience ».
Des valeurs inversées
«
Dans la corrida on applaudit des valeurs inversées, poursuit Reha Hutin. On salue la violence, l’agonie et la mise à mort alors qu’on devrait plaider pour la compassion, la grâce et la vie. » Cette inversion des valeurs fait aussi partie des points av
ancés par le collectif des professionnels de s
anté. «
Outre la banalisation de la violence, on constate chez les afficionados jeunes et moins jeunes, non seulement une fragilisation du sens moral, mais une perturbation des valeurs, explique Christophe Pioch. Par ailleurs, on sait que le "passage à l’acte", c’est-à-dire, le moment où une personne va commettre un acte répréhensible est plus évident chez celles habituées à la violence que chez ceux qui ne l’ont pas ou peu côtoyée. Lorsqu’on étudie les cas des tueurs en série, le leitmotiv de leur enfance c’est des cas de maltraitances et de tortures avérées sur des animaux. » Cette violence est reconnue par certains afficionados eux-mêmes, qui interdisent à leurs enf
ants de venir avec eux lors des corridas, estim
ant qu’ils sont «
trop sensibles » pour assister à un spectacle d’une telle violence.
TV7 Provence a récemment accordé une émission de 90 minutes aux défenseurs de l’interdiction des arènes aux moins de 16
ans. Peut-être le début d’un ch
angement.
Regarder la vidéo
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Conscience 20/12/2009 à 19:28:47
Cet apprentissage se déroule sur plusieurs années où on lui annihile toute empathie, tout respect.
On lui apprend le droit suprême de vie ou de mort sur les plus faibles : c'est la porte ouverte vers plus de violences banalisées, notamment sur les personnes, avec perte des repères, du sens des valeurs...
Il faut savoir que la violence envers les animaux tend à être aujourd'hui reconnue comme un des signaux d'alerte à prendre très au sérieux dans l'étude de personnalité à risque. Des enquêteurs de terrain ont observé de façon générale que les maltraitances humaines et animales vont de pair. Dans certains pays, une coopération systématique et officielle s'est instaurée entre les travailleurs sociaux affectés aux enquêtes de maltraitance humaine et les enquêteurs des services de protection animale. La connaissance de ce phénomène et une surveillance croisée permettent de minimiser les conséquences tragiques de la violence (sources : enfant bourreau, adulte à risque).
Les enfants doivent apprendre le respect de la vie sous toutes ses formes, et non les différentes façons de supplicier et tuer. C'est juste du bon sens !
En espérant que la France prenne conscience des dégâts causés par l'éducation à la cruauté pour que soit enfin interdit cette barbarie arriérée !