Fondation 30 Millions d'Amis

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Protection

Ukraine : de bonnes nouvelles des ours Nastia, Bodia et Masha

Le sanctuaire ukrainien pour ursidés cofinancé par la Fondation 30 Millions d’Amis et l’organisation autrichienne Vier Pfoten accueille désormais trois ours. 30millionsdamis.fr a pris des nouvelles des plantigrades qui coulent désormais des jours heureux, après des années de maltraitance.

Des images qui mettent du baume au cœur. Elles viennent tout droit d’Ukraine, où un sanctuaire pour ours en détresse a vu le jour en 2012, grâce à l’intervention de la Fondation 30 Millions d’Amis et de l’organisme autrichien de protection animale Vier Pfoten. Deux ans après le début des travaux, le centre de sauvetage - situé dans la région de Zhytomyr à 160 kilomètres de Kiev, la capitale - est devenu un véritable havre de paix pour trois ours en détresse. « Bodia, Nastia et Masha réapprennent à vivre après de longues souffrances » explique Maryna Shkvyria, la vétérinaire responsable du site.

Séquelles de la captivité

Détenus captifs depuis leur plus jeune âge, ces ours n’avaient jamais connu le fait même de prendre un bain ou de grimper à un arbre. Nastia, la première pensionnaire du sanctuaire, est arrivée en 2012 après des mois d’enfermement au zoo de Lutsk. Quant à Bodia, il a été séparé très tôt de sa mère et vendu illégalement à des trafiquants. L’ourson avait 5 mois quand il a était sauvé, à l’automne 2013, par des journalistes de la chaîne ukrainienne 1+1 : « Ils étaient encore jeunes lorsqu'’ils ont été sauvés, poursuit Maryna. Leurs comportements sont donc normaux pour des oursons de leur âge, même si la séparation avec leur mère a été prématurée ». Le sanctuaire est en outre doté de « points d’enrichissement » où les deux jeunes peuvent apprendre à chercher de la nourriture cachée, comme des pommes et des tomates. « Tous les quinze jours environ, une nouveauté - une saveur, un objet ou une odeur - est introduite dans le parc. Cela permet de stimuler la curiosité des animaux et de leur donner l’envie d’explorer leur territoire » explique Maryna Shkvyria.

Pour Masha, la situation est plus complexe. Acheminée au sanctuaire en septembre 2013, cette femelle de 6 ans a eu plus de difficultés que les jeunes pour s’adapter à sa nouvelle vie. « Masha vivait dans une cage minuscule, sans possibilité de se déplacer normalement et de se comporter naturellement » explique la scientifique. Utilisée en tant qu’ourse de combat pour dresser les chiens de chasse, elle garde des séquelles, un an après sa libération. « On observe une réaction de stress lorsqu’elle entend des aboiements » poursuit la jeune femme. Maryna note cependant de grands progrès chez l’aînée des plantigrades. « Masha apprend à rechercher la nourriture, et se montre plus calme. Elle commence à maîtriser son territoire ».

 

« Bodia, Nastia et Masha réapprennent à vivre après de longues souffrances »

Maryna Shkvyria - vétérinaire

Le scandale des « ours dansants »

Les ours maltraités sont monnaie courante en Europe de l’Est et l’Ukraine ne fait malheureusement pas exception. En 2013, une enquête menée par les journalistes de 1 + 1 avait révélé qu’il suffisait de débourser 1 000 dollars (environ 750 euros, NDLR) pour se procurer un ours. A l’instar de Masha, certains plantigrades sont utilisés pour l’entraînement de chiens molosses, d’autres exploités dans les bars et restaurants fréquentés par les touristes. Appelés « ours dansants », ces animaux sont, dès leur plus jeune âge, forcés à se dresser sur leurs pattes et à « danser » sur une tôle brûlante pendant que leurs maîtres jouent de la musique. Les oursons, traumatisés par cette méthode empreinte de souffrances, reproduisent ce comportement dès lors qu'ils entendent cette musique. Ils sont par ailleurs enchaînés par le museau et dotés d’un anneau apposé - sans anesthésie - sur la lèvre inférieure, qui leur procure une douleur intense.

En 2012, la Fondation 30 Millions d’Amis a participé, en partenariat avec Vier Pfoten, à la construction de ce sanctuaire de 10 hectares. Son ouverture au public, prévue prochainement, permettra de faire évoluer les mentalités sur la condition des ours dans cette région du monde. C'est la première fois qu'une telle initiative voit le jour en Ukraine. Les défenseurs des animaux espèrent, à moyen terme, éradiquer définitivement ces pratiques dans ce pays.