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Des représentants d’agriculteurs souhaitent l’abattage systématique des loups et lynx près des élevages !

Les lynx et loups semblent être la nouvelle cible des représentants d'éleveurs en région Bourgogne-Franche-Comté. ©Pixabay

La Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté demande l’abattage systématique des loups et lynx dès les premiers signes de présence à proximité des élevages... La Fondation 30 Millions d’Amis demande aux pouvoirs publics de ne pas privilégier les intérêts économiques face à l’indispensable protection de ces espèces menacées.

À quand une cohabitation espèces menacées / pastoralisme ? On en est encore loin, si l’on en croit un récent communiqué de presse diffusé par la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté (23/07/2021) : « L’activité d’élevage déjà fragilisée dans la région n’est pas compatible avec la présence du loup et du lynx ! ».

Raison pour laquelle les pouvoirs publics devraient, selon la Chambre, prendre les mesures nécessaires pour stopper le retour du loup : « Nous demandons systématiquement l’abattage de celui-ci dès les premiers signes de présence à proximité de nos élevages. Il doit en être de même pour les lynx aux comportements déviants ».

Quid du statut d’espèce protégée des loups et lynx ?

 

Souvent, les Chambres d’Agriculture et Syndicats d’élevage nient l’apport de la faune sauvage aux écosystèmes.

Animal Cross

Par cette demande, les représentants d’agriculteurs ignorent totalement le statut d’espèce protégée – et menacée – des loups et lynx. Si ces derniers ne peuvent être détruits sous peine de sanctions pénales (bien que rares en pratiques), en revanche, les loups peuvent être tués sous certaines conditions. En octobre 2020, le gouvernement a fixé à 19% des effectifs le quota de loups dont la destruction est autorisée sur le territoire métropolitain ; un seuil susceptible d’être porté à 21% pour la mise en œuvre de tirs de défense simple, en cas d’attaque. Les représentants des agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté vont donc bien plus loin en demandant un abattage « systématique », et ce, même en dehors de toute attaque !

Les représentants d’éleveurs vont même jusqu’à questionner la place de ces espèces menacées dans les écosystèmes : « Avons-nous la connaissance scientifique pour juger que la réintroduction du lynx ou la présence du loup constituerait un bienfait notoire pour la biodiversité ? », interroge le communiqué. « Bien souvent, les Chambres d’agriculture et Syndicats d’élevage nient totalement l’apport de la faune sauvage aux écosystèmes, constate Pascal Sourdain, membre d’Animal Cross. Elles préfèrent son éradication pure et simple ».

Pourtant, tout comme le lynx, le loup participe de « l’équilibre de la nature » selon Fannie Malet, responsable du programme « Parole de loup » pour FERUS. « Le loup, c’est tout un cycle », confirme Caroline Audibert, lauréate du Prix Littéraire 30 Millions d’Amis dans la catégorie « essai » en 2019 pour son livre « Des loups et des hommes » (Plon). « Le retour du loup est une évidence, ajoute de son côté Jean-Michel Bertrand, réalisateur de « Marche avec les loups ». Il montre ainsi la fabuleuse résilience d’une nature bafouée qui se reconstitue ».

« Prendre le temps d’expérimenter les moyens de protection »

 

Ce sont toujours les mêmes troupeaux insuffisamment ou pas du tout protégés qui font l’objet d’attaques récurrentes.

Animal Cross

Si les Syndicats d’élevage souhaitent « éduquer les loups en les dissuadant d’attaquer », les associations de défense de la nature rappellent que l’on n’enseigne pas aux loups en les exécutant ! « Un loup mort n’apprend pas pour lui-même et n’enseigne rien à sa meute, fustige Pascal Sourdain, pour Animal Cross. Il existe de réelles techniques de dissuasion, en particulier par la présence de chiens de protection et de berger ».

Du reste, dénoncer l’inefficacité des moyens de protection est une ineptie : « Il faudrait prendre le temps d’expérimenter les moyens de protection, les adapter à la géographie et aux pratiques pastorales, puis tirer les conclusions sur la base de plusieurs années de cohabitation, préconise P. Sourdain. Contrairement à ce qui est écrit, les territoires de Bourgogne se prêtent particulièrement bien à la pose de parcs ». Seule la mise en place de mesures de protection effectives doit pouvoir déclencher une indemnisation. Or, « nous constatons sur le terrain que ce sont toujours les mêmes troupeaux insuffisamment ou pas du tout protégés qui font l’objet d’attaques récurrentes, déplore le représentant d’Animal Cross. L’Etat fait des efforts considérables pour assister les éleveurs dans cette nouvelle difficulté qu’est la présence des grands prédateurs en France… »

Pour rappel, la population de loup gris en France a atteint 580 individus en 2020 selon l’Office français de la biodiversité, alors que les experts préconisent, pour la survie de l’espèce, un nombre d’adultes minimal compris entre 2500 et 5000 individus. Un objectif difficilement conciliable avec l’intensification de la politique de tirs de loups depuis 2019, à laquelle s’ajoutent le braconnage et les collisions routières. Les quelque 120 lynx qui arpentent les massifs de l’hexagone sont, eux-aussi, victimes de destructions illégales et d’autres menaces anthropiques.

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  1. AnneV 28/07/2021 à 19:45:29

    Les agriculteurs, pourvoyeurs de pesticides et d'élevage en batterie ? Comment font ils ailleurs (Italie etc....) Ils se protègent intelligemment ! En France ? On flingue ! Le loup, le lynx sont indispensables à la biodiversité, plus indispensables que quelques animaux tués (qu'ils aient le courage de les protéger nom d'une pipe avec des chiens et des bergers qui ne les laissent pas divaguer pendant que ces Messieurs roupillent !) On est vraiment nuls !