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Biodiversité

Des défenses d'éléphant mises à prix avec un faux certificat : un an de prison, 30.000 euros d'amende

La commercialisation de l'ivoire est très réglementée en France, pour lutter contre le braconnage des éléphants. © Pixabay

Nice, 14 déc 2018 (AFP) - Deux brocanteurs ont été condamnés à un an de prison et 30.000 euros d'amende à Grasse pour avoir proposé aux enchères deux paires de défenses d'éléphant avec un faux certificat, selon une décision consultée vendredi par l'AFP.

Principal protagoniste de cette affaire, Jean Roger, 78 ans, avait soutenu lors du procès fin novembre que les défenses lui venaient de son père et que les certificats, fournis par des tiers et sans lesquels elles étaient invendables, lui avaient parus "bons". Afin de lutter contre le braconnage dans les pays à éléphants, la loi autorise la détention d'ivoire mais interdit sa commercialisation, sauf accompagné d'une documentation très contraignante, qui s'obtient auprès de la Direction régionale de l'environnement (DREAL) en apportant la preuve de l'acquisition ou de l'importation de l'ivoire avant certaines dates.

Issu de la communauté des gens du voyage, M. Roger avait effectué cinq mois de prison provisoire pendant l'enquête. Son ami antiquaire et restaurateur d'objets en ivoire, Auguste Combes, a écopé de la même peine. Leur peine de prison n'a pas été assortie de mandats de dépôt. Il était aussi reproché à M. Roger d'avoir fait appel à des connaissances pour essayer de récupérer les défenses confisquées par l'administration. L'un d'eux, un importateur parisien, Gérard Sawicka, a été condamné à un an de prison sans mandat de dépôt et 10.000 euros d'amende, et le deuxième, René Falck a été relaxé.

Les deux paires de défenses devaient être mises à prix dans une salle des ventes de Cannes, en décembre 2013, à 30.000 euros pour la plus imposante et 8.000 euros la plus petite. Intrigué des anomalies sur le certificat, le commissaire priseur les avaient fait retirer du catalogue à la dernière minute, et les quatre hommes avaient été successivement interpellés courant 2014. Elles auraient pu rapporter jusqu'à 150 à 300.000 euros, selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), partie civile au procès.