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Enquête

L214 dénonce les conditions d'élevage des truites en France

Nouvelle enquête de L214 au sein du plus grand producteur de truites en France. © L214

Bordeaux, 30 nov 2018 (AFP) - Triploïdie, utilisation d'hormones stéroïdiennes, souffrance des poissons : l'association L214 a dénoncé vendredi les conditions d'élevage des truites d'eau douce en enquêtant sur le groupe Aqualande, dans le Sud-Ouest, premier producteur de truites fumées en Europe, qui réfute ses accusations.

Les coulisses de la production intensive de truites en France... © L214

L214, militant pour la protection des animaux, l'abolition de la consommation de viande et de tout usage de substance d'origine animale, demande dans un communiqué qu'"une mission d'information sur les conditions d'élevage et d'abattage dans la filière piscicole soit immédiatement mise en place à l'Assemblée nationale". Cette association dénonce, images à l'appui, la surpopulation dans les bassins où "les poissons sont particulièrement sensibles aux maladies et souffrent de stress, d'agressions et de blessures. La surpopulation conduit à une mauvaise qualité de l'eau et à un manque d'oxygène chronique pour les poissons, qui respirent avec difficulté".

Selon le groupe Aqualande dans un communiqué, "les images sont trompeuses car les poissons se regroupent en bancs. Nos poissons ont l'espace nécessaire pour être en bonne santé et se développer normalement". "Il y a un faible pourcentage de mortalité en pisciculture, moins de 2 %, ce qui est inférieur à la mortalité en milieu naturel", a précisé à l'AFP Stéphane Dargelas, directeur commercial, marketing et communication.

Il a souligné qu'Aqualande utilisait très rarement des antibiotiques, preuve que les poissons vaccinés sont "en bonne santé" et que l'eau trouble était due aux déchets organiques de la rivière traversant les bassins. L'association met également en avant "la triploïdie qui entraîne la stérilité des truites", "résultat d'une modification génétique". Aqualande a rappelé dans un communiqué que "la triploïdie n'est pas une modification génétique", pratique interdite en France. Quant aux hormones utilisées, il s'agit d'"aider les géniteurs à reproduire", précise M. Dargelas.

L'enquête de L214 a également filmé des truites en pisciculture bio, dénonçant des conditions d'élevage "équivalentes". Concernant l'abattage des truites, elles sont asphyxiées dans du dioxyde de carbone, une pratique "douloureuse", selon L214. "C'est une anesthésie, les poissons s'endorment lentement", a répondu Aqualande.

Fondé en 1981 à Roquefort (Landes) par la coopérative agricole Les Aquaculteurs Landais, qui en détient 50 % des parts, Aqualande est également détenu par le groupe de distribution alimentaire Labeyrie Fine Foods. Il compte 40 piscicultures et deux abattoirs dans le Sud-Ouest. Le groupe a porté plainte cet été, "des personnes étant entrées par effraction" sur ses sites.