Elle surmontait avec insolence toutes les épreuves qui lui étaient infligées : paralysie de l’arrière train, tumeur mammaire, métrite, accident vasculaire cérébral, sans jamais perdre ni sa bonne humeur ni surtout son appétit d’ogre !
Mais à ce jeu-là, on est toujours perdant quel que soit notre rage de vivre.
Avec Mabrouka, mes joies étaient plus intenses et mes peines plus douces . Sans elle, ces joies sont teintées d’amertume et les peines plus acerbes que jamais.
La plupart de ceux qui lisent ces lignes aujourd’hui savent quelle tristesse a envahi ma vie : beaucoup ont connu la même épreuve. Mais chacun réagit à sa manière. Moi je n’ai pas voulu en parler, ni autour de moi ni dans l’émission ; c’était une façon de garder ma « fille » auprès de moi pour toujours.
Bien sûr, lorsqu’on me demandait des nouvelles de Mabrouka, mes larmes étaient ma seule réponse. C’est ainsi que petit à petit, la nouvelle s’est répandue et vous êtes nombreux à m’avoir témoigné votre sympathie et même parfois votre affection après la mort de ma chienne. Je tiens à vous en remercier, ici, de tout cœur.
Je voudrais aussi dire ma reconnaissance à Katia Renard la rédactrice en chef et toute l’équipe de ce journal qui ont spontanément voulu lui consacrer un numéro spécial. Ils ont ainsi fait ce que je n’ai moi-même pas eu le courage de faire il y a quelques mois.
En feuilletant ces pages, vous la retrouverez telle qu’elle était…Les superlatifs ne manqueront pas : belle, intelligente, affectueuse, obéissante, fidèle… C’était Mabrouka et elle me manque.
Reha Hutin
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