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La dramatique recrudescence du braconnage

 

L'impact psychologique de la décision d'Harare de 1997

Même si la CITES a maintes fois souligné que la reprise du commerce de l'ivoire décidée en 1997 à Harare (Zimbabwe) est « expérimentale » et ne concerne qu'un stock d'ivoire « légal » et limité, cette décision a eu un impact psychologique sans précédent sur les trafiquants d'ivoire, en Afrique et même en Asie, qui ont « compris » que le marché était rouvert dans son ensemble.

30 000 éléphants braconnés en 1998 et 1999

Depuis la reprise du commerce de l’ivoire décidée en 1997, le braconnage a repris de façon alarmante sur l'ensemble du continent africain et même asiatique, mettant à nouveau en péril la survie de l'espèce entière.

Selon la Fondation Born Free et la Coalition Internationale pour la Vie Sauvage (IWC), plus de 30.000 éléphants ont été tués en Afrique en 1998 et 1999.  De nombreux gardes-faune ont même été assassinés au cours de leurs missions de protection des éléphants alors qu'entre 1989, date de l'arrêt du commerce de l'ivoire, et 1997, aucun cas de meurtre n'avait été relevé.

52 tonnes d'ivoire passées en contrebande depuis avril 2000

Depuis la 11ème Conférence de la CITES qui s'est déroulée en avril 2000 à Nairobi, plus de 10,5 tonnes d'ivoire ont été saisies, principalement à Taiwan, au Japon, en Egypte  et à Singapour . Selon la Fondation Born Free, la quantité d'ivoire saisie représente entre 15 à 20% du commerce global illégal de l'ivoire. Ceci indique que ce sont jusqu'à 52 tonnes d'ivoire qui sont passées en contrebande hors de l'Afrique depuis avril 2000.

Il y a 30 ans, les éléphants étaient plus de 2 millions. Ils ne sont plus que 286.000 aujourd'hui. Si le braconnage retrouvait son niveau d'avant interdiction (90.000 bêtes tuées par an entre 1970 et 1989), tous les éléphants pourraient disparaître d'ici 4 ans.

Les conditions posées par la cites n'ont pas été respectées

Selon les propres termes de la CITES, le commerce de l'ivoire brut ne devait reprendre qu'à condition que « le Comité permanent de la CITES ait convenu d'un mécanisme pour l'arrêter et reclasser immédiatement en Annexe I les populations ayant été transférées en Annexe II, en cas d'intensification de la chasse illicite à l'éléphant et/ou du commerce illicite de produits d'éléphants due à la reprise du commerce licite ».

Disposition séduisante mais malheureusement inapplicable.  La décision de transférer une espèce de l'Annexe II (commerce autorisé) en Annexe I de la CITES (commerce interdit) ne peut être adoptée qu'en Conférence des Parties, à la majorité des 2/3. Après avoir servie de justification médiatique à la reprise du commerce de l'ivoire, cette condition a finalement été écartée.

Autre fait tout aussi grave : en mai 2000, c'est à dire un mois après le vote par la CITES de l'interdiction provisoire du commerce de l'ivoire, le Zimbabwe a fait parvenir en toute illégalité 14,8 tonnes d'ivoire à la Chine, en échange de fusils automatiques. Ce pays, autorisé à reprendre le commerce de l'ivoire en 1997, avait vu sa nouvelle demande d'exporter de l'ivoire vers le Japon rejetée par la CITES lors de la 11ème Conférence des Parties (Nairobi / avril 2000).

Cela témoigne à l'évidence de l'échec total des mesures de contrôle accompagnant la reprise partielle du commerce de l'ivoire et compromet sérieusement la crédibilité de la CITES en tant qu'outil capable de régler efficacement les échanges internationaux de faune et de flore sauvages.

 

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