Selon les propres termes de la CITES, le commerce de l'ivoire brut ne devait reprendre qu'à condition que « le Comité permanent de la CITES ait convenu d'un mécanisme pour l'arrêter et reclasser immédiatement en Annexe I les populations ayant été transférées en Annexe II, en cas d'intensification de la chasse illicite à l'éléphant et/ou du commerce illicite de produits d'éléphants due à la reprise du commerce licite ».
Disposition séduisante mais malheureusement inapplicable. La décision de transférer une espèce de l'Annexe II (commerce autorisé) en Annexe I de la CITES (commerce interdit) ne peut être adoptée qu'en Conférence des Parties, à la majorité des 2/3. Après avoir servie de justification médiatique à la reprise du commerce de l'ivoire, cette condition a finalement été écartée.
Autre fait tout aussi grave : en mai 2000, c'est à dire un mois après le vote par la CITES de l'interdiction provisoire du commerce de l'ivoire, le Zimbabwe a fait parvenir en toute illégalité 14,8 tonnes d'ivoire à la Chine, en échange de fusils automatiques. Ce pays, autorisé à reprendre le commerce de l'ivoire en 1997, avait vu sa nouvelle demande d'exporter de l'ivoire vers le Japon rejetée par la CITES lors de la 11ème Conférence des Parties (Nairobi / avril 2000).
Cela témoigne à l'évidence de l'échec total des mesures de contrôle accompagnant la reprise partielle du commerce de l'ivoire et compromet sérieusement la crédibilité de la CITES en tant qu'outil capable de régler efficacement les échanges internationaux de faune et de flore sauvages.