En 1997, pour accompagner la reprise du commerce de l’ivoire, la CITES a décidé de mettre en place deux réseaux de surveillance : MIKE et ETIS.
Ÿ Le programme MIKE (Monotoring of Illegal Killing of Elephants) doit avoir pour objet de rassembler des éléments permettant de conclure si oui ou non le braconnage résulte de la reprise du commerce de l'ivoire. Il est censé prendre en compte de multiples paramètres, tels la situation politique du pays concerné, les moyens dont il dispose pour la lutte anti-braconnage, les aléas climatiques (notamment la sécheresse)…
Ÿ Le programme ETIS (Elephant Trade Information System) a pour but de collecter toutes les données concernant le commerce illégal des produits de l'éléphant et notamment l'ivoire.
En avril 2000, ces deux programmes n’étant toujours pas opérationnels, la décision prise par la CITES à Nairobi a abouti à une interdiction, malheureusement provisoire, du commerce de l’ivoire, « le temps de mettre en place un système efficace de suivi du braconnage ».
En avril 2002, à San José (Costa Rica), le 18ème Comité pour les animaux de la CITES a reconnu que MIKE était toujours inopérant et que sa mise en application ne relevait pas d’un « engagement sérieux ». Quant au programme ETIS, il a été noté que seulement trois pays africains (le Cameroun, l’Egypte et la Namibie) avaient fourni des données officielles. Le comité a même souligné que « cette situation est particulièrement préoccupante, concernant des pays ayant d’importantes populations d’éléphants, où les saisies d’ivoire se poursuivent et où les stocks qui s’accumulent risquent de devenir eux aussi des sources d’ivoire illicite ».
Contrairement à la décision prise en avril 2000, et devant la dramatique recrudescence du braconnage, il est important que la CITES prenne conscience de l’urgence à reclasser l’ensemble des populations d’éléphants d’Afrique en son Annexe I (commerce interdit).