La plus grande parties de l’ivoire que détiennent et veulent écouler les pays d’Afrique australe provient en fait des stocks pré-interdiction, c’est à dire des stocks constitués en majorité d’ivoire illégal qui leurs sont restés sur les bras en 1989, date de l’interdiction du commerce de l’ivoire, et non des abattages rationnels qui ont pu être effectués avant ou depuis cette date.
La CITES a conscience de ce problème puisqu’elle a déjà envisagé de racheter les stocks d’ivoire de ces pays à des « fins non commerciales » , le W.W.F précisant que « la meilleure façon serait de les détruire une fois pour toutes afin qu’ils ne reviennent pas d’une façon ou d’une autre dans le canal commercial ».
Plutôt que de financer des programmes très onéreux de contrôle et de suivi du braconnage (MIKE et ETIS), pourquoi la CITES ne décide-t-elle pas de racheter les stocks d’ivoire brut des pays d’Afrique australe à des « fins non commerciales » afin que ces derniers réinvestissent l’argent recueilli directement dans la conservation des éléphants. Cette solution permettrait, comme le demande ces pays, de réinvestir les revenus de l’ivoire dans la conservation des éléphants, mais tout en maintenant leurs populations en Annexe I de la CITES.