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Comment assurer la conservation

 

La necessite de reclasser l’ensemble des populations d’elephants d’afrique en annexe i de la cites lors de la prochaine conference des parties

Certains pensent qu’il est possible de contrôler le commerce de l’ivoire et de le promouvoir afin d’en utiliser les revenus pour la préservation de la faune. D’autres, tel que Iain Douglas-Hamilton, éminent spécialiste des éléphants, estiment que tout commerce d’ivoire est un pacte avec le diable, impossible à contrôler. Les conséquences dramatiques de la reprise du commerce de l’ivoire (recrudescence du braconnage et du commerce illégal) et l’absence des mesures de contrôle qui devaient l’encadrer, sont autant d’indicateurs qui plaident pour cette dernière proposition.

La CITES doit admettre que les conditions initialement posées afin de permettre à certains pays d’Afrique australe de reprendre le commerce de l’ivoire n’ont pas été respectées et doit en tirer les conséquences. A savoir la nécessité de suspendre toute vente d’ivoire brut lors de la prochaine Conférence des parties de la CITES et de classer l’ensemble des populations d’éléphants d’Afrique en Annexe I de la CITES (commerce international interdit), seule mesure de protection ayant fait ses preuves en 1989 après plusieurs décennies d’échecs successifs.

Le rachat par la cites des stocks d’ivoire a des « fins non commerciales »

La plus grande parties de l’ivoire que détiennent et veulent écouler les pays d’Afrique australe provient en fait des stocks pré-interdiction, c’est à dire des stocks constitués en majorité d’ivoire illégal qui leurs sont restés sur les bras en 1989, date de l’interdiction du commerce de l’ivoire, et non des abattages rationnels qui ont pu être effectués avant ou depuis cette date.

La CITES a conscience de ce problème puisqu’elle a déjà envisagé de racheter les stocks d’ivoire de ces pays à des « fins non commerciales » , le W.W.F précisant que « la meilleure façon serait de les détruire une fois pour toutes afin qu’ils ne reviennent pas d’une façon ou d’une autre dans le canal commercial ».

Plutôt que de financer des programmes très onéreux de contrôle et de suivi du braconnage (MIKE et ETIS), pourquoi la CITES ne décide-t-elle pas de racheter les stocks d’ivoire brut des pays d’Afrique australe à des « fins non commerciales » afin que ces derniers réinvestissent l’argent recueilli directement dans la conservation des éléphants. Cette solution permettrait, comme le demande ces pays, de réinvestir les revenus de l’ivoire dans la conservation des éléphants, mais tout en maintenant leurs populations en Annexe I de la CITES.

L’étude menée en 1989 (date de l’arrêt du commerce de l’ivoire) par les économistes de l’Ivory Trade Review Group (ITRG) a montré que sur les 500 millions de dollars d’ivoire exporté chaque année d’Afrique avant cette date, il n’en restait que 4 à 5 millions aux Etats producteurs, soit moins de 1%.
Les bénéfices de ce commerce ne vont donc pas aux services responsables de la faune mais à des intermédiaires privés internationaux et, pour une part infime, au Trésor des Etats concernés.

L’utilisation sur place des stocks d’ivoire africains par un artisanat local aurait donc le mérite d’offrir des emplois et de laisser la plus value sur place au lieu de la voir se réaliser à l’étranger, l’Annexe I de la CITES n’interdisant pas la commercialisation de l’ivoire et autres produits dérivés de l’éléphant au niveau national.

Il est à noter que la CITES a autorisé le Zimbabwe, en 1997, à exporter des peaux ainsi que des articles en cuir d’éléphant et de l’ivoire sculpté à des « fins non commerciales » .

Le tourisme de vision, commerce de l’avenir

Dans les pays africains en voie de développement, à moins qu'une partie des bénéfices provenant de l'industrie touristique ne revienne aux communautés locales, ces dernières peuvent se désintéresser de la faune sauvage jugée peu rentable. Certains considèrent que la préservation à tout prix des éléphants est une mauvaise priorité dans des pays où la majorité d'entre eux vit sous le seuil de pauvreté.
 
Ce qu’il faudrait réellement pour éloigner la menace qui pèse sur les éléphants d’Afrique, c’est faire admettre que l’ivoire n’a pas de valeur et que la véritable richesse est l’éléphant vivant lui-même. Il faut donc encourager les populations locales à gérer la faune de manière durable en leur permettant d’en recevoir les revenus économiques.

 

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