Comme toutes les semaines, l'atelier reprend des exercices similaires. Chacun travaille et s'amuse à tour de rôle avec l'animal, des jeux de balles, de cerceaux, des parcours et enfin le brossage, grand moment de tendresse partagée. "Il leur faut des repères fixes dans cette activité, ils ont besoin d'être rassurés, le soucis avec certain handicapés, c'est qu'ils régressent parfois, alors il faut savoir rester modeste quant aux résultats." En effet, les signes d'un mieux être sont fugace, un sourire, un regard, un silence, c'est déjà beaucoup. "En tant que visiteur, on ne guérit pas, on travaille dans l'instant, ce que l'on apporte c'est juste un peu de tendresse, un moment de joie." explique Catherine.
Malgré tout, cette joie partagée laisse des traces, l'emprunte d'une évolution. Valérie, autiste, à déjà passé douze ans dans le centre "Au début elle était complètement hermétique à l'extérieur, elle ne pouvait fixer son attention sur quoi que se soit, elle repartait très vite dans son monde." Explique Céline B., responsable du centre. En quelques mois d'activité avec les chiens, elle a commencé à s'exprimer autrement. Catherine raconte : "Un jour, je lui montrais les oreilles d'Enzo, elle s'est approchée de moi et m'a dit "Oreille" ".
Aujourd'hui Valérie connaît le nom des chiens, et même si elle s'exprime encore peu "on est les témoins d'un certain éveil psychique, c'est formidable" ajoute Céline. "Pour nous bénévoles, c'est une grande récompense, c'est comme un moteur qui marche à l'électricité, ici on recharge nos batteries" s'émeut Jean Yves, le premier bénévole à avoir rejoint Isabelle de Tournemire dans l'association.
Lorsque l'atelier touche à sa fin, les handicapés brossent et caressent les chiens, c'est l'occasion d'un grand moment de papouilles, de bisous, le plus beau cadeau pour les chiens, complètement épuisés par la séance. Sollicités pendant un peu plus d'une heure et demi par six handicapés, ils semblent avoir absorbé toute l'énergie qui a permis aux plus agités de s'apaiser le temps de l'exercice.
Pour être chien visiteur, l'animal doit être avant tout bien dans ses poils. Le calme, la sociabilité et l'obéissance sont des qualités essentielles. Et lorsqu' Isabelle de Tournemire recrute de nouveaux bénévoles pour répondre à la demande croissante des structures, la sélection est soumise à un test d'aptitude rigoureux."N'est pas chien visiteur qui veut !" souligne Isabelle.
Si vous habitez la région parisienne et souhaitez devenir bénévole pour l'association, contactez "Parole de chien"
Xavier Häpe