Introduite en France au milieu du XIXème siècle, la corrida espagnole s'est étendue progressivement dans le sud de la France, surtout à partir de 1850. Depuis cette date, elle n'a cessé de se développer et tente constamment d'élargir son territoire. Si de telles tentatives ont échoué à Marseille, en Ariège et en région parisienne (projet de feria au stade de France) la corrida s'est implantée à Carcassone (Aude), en pays toulousain, à la Brède (Gironde), à Bourg Madame (Pyrénées orientales)… Globalement, le nombre de spectacles taurins tend à augmenter d'une année sur l'autre dans notre pays et les partisans de la corrida représentent aujourd'hui une force de pression considérable dans certaines villes du midi. Un ancien préfet du Gard pouvait, sans pudeur, affirmer publiquement sur une télévision locale qu'il se rendait 90 fois par an aux corridas et qu'il était favorable à l'extension de la corrida en dehors des villes où elles sont cantonnées !
Une attitude révélatrice et inquiétante quand on sait que les tribunaux interprètent de manière très large l'article 521-1 du Code pénal qui punit les sévices graves ou actes de cruauté à l'égard des animaux, à l'exception des courses de taureaux "lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée".