Le témoignage de Marinette PANABIERE, présidente de l’association A.D.A.D.A
« Notre association possède plusieurs parcelles dont une grande de 5 hectares en Auvergne. Les ânes que nous accueillons sont répartis selon leurs affinités, pour éviter les problèmes de cohabitation. Dès leur arrivée, ils sont pris en charge par les vétérinaires, identifiés, vaccinés.
Le maréchal-ferrant leur apporte tous les entretiens nécessaires au niveau des onglets, puis ils sont consultés par le dentiste équin.
Avant de céder un âne à un adoptant, nous enquêtons d’abord ! Nos délégués se renseignent, cherchent à savoir si l’animal aura dans sa future famille d’accueil, suffisamment d’espace pour l’éviter de se retrouver seul et de nouveau abandonné, et remis dans un refuge.
Sur les 80 animaux présents sur nos parcelles, nous avons pratiquement toutes les races, comme sur le prouve les photos que nous avons transmis à la Fondation 30 Millions d'Amis (voir le diaporama en haut de page).
Auparavant, seuls les ânes communs étaient touchés par l’abandon. Aujourd’hui, toutes les races sont concernés par ce phénomène. Dans nos cheptels, on retrouve aussi bien des Grand noir du Berry, des ânes du Poitou, des ânes communs, l’âne du Bourbonnais ou de type Provence…
Certains animaux nous parviennent dans un état de santé assez déplorable et préoccupant ! J’ai encore le souvenir d’un des premiers ânes que nous avons accueilli en 2003. Il s’appelait Pépito et devait avoir à peine 7 ans. Il ne pouvait pas marcher et a été victime de maltraitance. Il était tapé, attaché par son ancien propriétaire et portait encore des traces de cordeau, autour du cou… Nous avons du l’euthanasier car il souffrait terriblement !
Ce qui nous intéresse c’est de voir partir des animaux dans une nouvelle famille d’accueil où ils recevront l’attention, l’amour, les soins nécessaires, pour le restant de leur vie. Un âne vit quand même près de 40 ans… Nous faisons tout pour lui donner sa chance, une vie décente et l’affection qu’il mérite.
Nous utilisons aussi le parrainage. Il s’agit d’un système auquel peuvent souscrire les adhérents d’ADADA ou toute personne souhaitant contribuer à l’entretien de l’animal. Le parrain ou la marraine donne 45 à 50 €, tous les mois au refuge. Certains parrains n’hésitent pas à rendre régulièrement visite.
Aujourd’hui, 17 ânes ont un protecteur et bien entendu, ces animaux-là ne sont pas mis à l’adoption. Pour les ânes, on ne fera jamais assez pour mieux les faire connaître et les rendre heureux...»