Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Débat

La corrida à l’agonie

Le déclin de la corrida se généralise dans les 8 pays qui continuent de la pratiquer. © Pixabay.com

Opinion publique défavorable, baisse de la fréquentation, processus d’interdiction amorcés… De la France à la Colombie, en passant par l’Espagne, les signaux qui se multiplient démontrent que la corrida est en train de vivre ses dernières heures. L’enquête de 30millionsdamis.fr.

La corrida est en crise ! Les taurins eux-mêmes le concèdent face à une fréquentation en berne. Et même si huit pays au monde – dont la France – continuent d’organiser des spectacles taurins, la tendance est clairement au déclin. 

Interdiction aux mineurs en France… 

En France métropolitaine, seuls 10 départements sur 96 autorisent encore la corrida : l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Gers, la Gironde, l’Hérault, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales. A l’Assemblée nationale, si l’interdiction définitive de cette pratique barbare n’est pas (encore) à l’ordre du jour, le débat porte sur la protection des mineurs. « Il y a clairement des risques de traumatisme ou d’accoutumance à la violence pour les enfants, explique Michel Larive, député ariégeois (FI) à l’initiative d’une proposition de loi visant l’interdiction de l’accès aux arènes aux moins de 14 ans. Plusieurs études le confirment. Quand j’apprends que des enfants font des sorties dans le musée des cultures taurines, à Nîmes, ça me choque. Il s’agit d’un conditionnement de l’enfant vers la violence. » 

S’il sait que le chemin législatif est parsemé d’embûches, le député a bon espoir qu’un débat national ait lieu prochainement. « Il n’y a que la loi qui peut en finir avec toute cette violence et cette maltraitance animale, tranche-t-il. L’apport de l’opinion publique est évidemment important. Nous sentons aujourd’hui une vraie mobilisation en faveur du bien-être animal. Le contexte n’a jamais été aussi favorable. »

Une vision que partage Thierry Hély, président de la Fédération des luttes pour l'abolition des corridas. « L’interdiction aux mineurs est un enjeu très important, estime ce fervent défenseur des droits des animaux. Le monde de la tauromachie pâtit d’un vieillissement de ses aficionados. Du coup, les responsables tentent par tous les moyens de miser sur la jeunesse. La corrida n’a jamais connu un tel déclin en France. Les taurins sont très inquiets. Une interdiction aux mineurs serait une catastrophe pour eux. »

 

Aujourd’hui, la balle est dans le camp des politiques.
Constanza Moreno

… et en Espagne ?

Nos voisins espagnols y ont également été invités sérieusement par l’Organisation des Nations Unies. « Empêcher les effets nocifs de la tauromachie sur les enfants » : telle est la recommandation de l’ONU, qui demande à l’Espagne d’interdire l’accès aux corridas pour les moins de 18 ans (février 2018). Si le gouvernement de Mariano Rajoy n’a pas répondu à la recommandation onusienne, le mouvement anti-corrida se réjouit. 

« Qu’une institution du poids de l’ONU fasse une telle recommandation, c’est assurément positif, réagit Laura Duarte, la porte-parole du Parti animaliste contre la maltraitance animale en Espagne. Nous le demandons depuis de nombreuses années. Qu’en Espagne, ce soit permis, ce n’est pas tolérable. »

>> Partagez sur Facebook, Twitter et Google +

Une fréquentation en berne 

Si la corrida n’est pas encore interdite, elle séduit de moins en moins et le public déserte les arènes. C’est peut-être ce qui inquiète le plus les organisateurs de ces « spectacles » d’un autre temps. Ce désintérêt croissant touche de plein fouet des villes taurines emblématiques comme Nîmes et Bayonne, qui ont respectivement organisé deux corridas de moins en 2015 et trois de moins en 2016 qu’à l’accoutumée. Béziers accuse elle aussi une baisse de 6 % de ventes en 2017. 

En Colombie, l’un des pays latino-américains les plus symboliques en termes de spectacles taurins, est aussi frappé par cette crise de fréquentation. Selon des chiffres de l’Institut des loisirs et des sports du district de Bogotá, 28 000 billets ont été vendus dans la capitale en 2017 contre 50 000 et 70 000 dans la décennie précédente : une réduction en moyenne de 50 % ! « Cela fait plusieurs années que les protecteurs des animaux se battent pour mettre fin à cette pratique, explique Constanza Moreno, de la Fédération d’entité de défense des animaux (FEDAMCO). Aujourd’hui, la balle est dans le camp des politiques mais à travers la coalition d’une Colombie sans tauromachie, il y a déjà tout un travail de fait pour qu’un projet de loi aboutisse à l’abolition des corridas dans tout le pays. »

Au Mexique, la ville de San Rafael, dans l’Etat du Veracruz particulièrement réputée pour sa corrida, vient purement et simplement de bannir « tout événement impliquant des mauvais traitements, des souffrances ou la mort des animaux. » Un signal fort.

Un désintérêt croissant 

Les places vides constatées dans les arènes espagnoles témoignent aussi du désintérêt de la population envers cette « tradition ». Outre-Pyrénées, les « fêtes » taurines connaissent des baisses successives de 7,1 %, entre 2014 et 2015 et de 7,9 % entre 2015 et 2016, selon le Ministère de l’Education, de la Culture et des Sports. En 2011, 2 290 corridas étaient « célébrées ». Elles n’étaient plus que 1 598 cinq ans plus tard. En Andalousie, il suffit de constater la baisse impressionnante de la fréquentation pour confirmer ce déclin. Près de 100 000 personnes ont déserté les arènes andalouses et le nombre de spectacles a chuté de 47 % en 2017 ! Signe de cette désaffection, la ville de Marbella a complètement cessé d’utiliser son arène pour ce spectacle morbide. 

« Quand on analyse l’évolution des célébrations taurines en Espagne, nous constatons un effritement très net, note Juan Ignacio Codina, vice-président de l’Observatoire de justice et de défense animale. Aujourd’hui, les chiffres nous confirment que la corrida subit de plein fouet une chute. »

Un fossé entre opinion publique et (in)action politique

 

Face à la nouvelle sensibilité en faveur des animaux, les politiques vont devoir s’adapter.
Reha Hutin

Les générations passent et les jeunes Espagnols semblent à présent se désintéresser de cette pratique ancestrale. « Chaque année, le nombre de célébrations taurines est en baisse, explique Laura Duarte du Parti animaliste contre la maltraitance animale en Espagne. Aujourd’hui, seule 8 % de la population a assisté à au moins une corrida. Peu de gens veulent payer pour aller en voir. »

En France, le fossé entre opinion publique et action politique est le même. Un sondage réalisé par l’Ifop* pour la Fondation 30 Millions d’Amis est sans appel : 74 % de nos concitoyens réclament l’interdiction de la corrida. Un résultat supérieur de 8 point par rapport à 2010 ! Une hypothèque de poids pour l’avenir de cette barbarie. Or les prises de position au plus haut sommet de l’État restent timides, voire décevante. « Le lobby de la corrida est toujours puissant notamment dans les départements où elle se pratique, constate le député Michel Larive. C’est pourquoi elle reste ancrée. » 

Une inertie de l’(in)action publique qui ne pourra perdurer analyse Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis : « Face à la nouvelle sensibilité – toujours plus forte – de la société en faveur des animaux, les politiques vont devoir s’adapter et la loi évoluer. Comment, au 21ème siècle, peut-on accepter une telle cruauté contre un animal dans une société qui se prétend "moderne". Et comment tolérer qu’une telle pratique soit autorisée à Arles alors même qu’elle serait condamnée en plein Paris ? »

Pour l'abolition des corridas en France >>

* Étude menée pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’IFOP du 6 au 7 février 2018 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas.

Commenter

  1. mugiwara76000 25/04/2018 à 15:16:47

    Ce n\'est pour aujourd\'hui mais on y vient petit à petit. Cette pratique dite culturelle n\'étant en réalité qu\'une exécution publique présentée comme un divertissement, va disparaitre.\nLes pauvres matadors vont se retrouver au chômage ... Au lieu de se faire passer pour des héros ayant tuer avec \"respect\" un taureau affaibli et maltraité en amont, trouvé vous un travail respectable.

  2. gavroche69 22/04/2018 à 16:32:28

    Il y a aussi une chose dont peut-être pas mal de gens prennent conscience ce qui pourrait expliquer en partie cette baisse d'intérêt.

    A savoir que le combat est monstrueusement truqué et que le taureau est terriblement affaibli avant l'affrontement.

    Par exemple, le taureau toujours avec la tête baissée (ce qui lui donne l'air si agressif), c'est en fait les blessures infligées par les picadors qui lui sectionnent certains muscles lui empêchant de redresser la tête, ce redressement serait bien trop dangereux pour le "courageux" matador...

    Plus pas mal d'autres souffrances infligées qui rendent le taureau complètement perdu et très affaibli.

    Une corrida c'est un peu comme faire un match de boxe contre un gars à qui on aurait coupé les bras...

    Une grosse escroquerie donc.

    Il y a d'ailleurs très peu de matadors qui perdent la vie, à comparer aux dizaines de milliers de taureaux massacrés chaque année (40 000 par an en Europe).

    Un gars qui prend sa voiture tous les jours pour aller bosser un peu loin risque bien plus sa vie qu'un matador mais c'est effectivement moins "spéctaculaire".

    Par contre, si le ridicule tuait nul douite que ça ferait des ravages parmi les matadors, parce que entre leurs postures grotesques (style "Vous voyez comme je suis fier et courageux") et leur costume tout aussi grotesque, le ridicule c'est pas ce qui manque...

     

     

  3. HommeEstAnimal 15/04/2018 à 16:49:26

    Il est grand temps d'évoluer dans nos comportements envers la nature et donc les animaux.

    Un monde connecté informatiquement mais totalement déconnecté avec sa mère nourricière.

    Et dire que nous considérons les peuples vivants encore comme leurs ancêtres comme des gens peu évolués ... Cela me fait rire !!!!

  4. nolwenn_11 04/04/2018 à 12:16:17

    Le corridas !’est pas une tradition c’est de la méchanceté gratuite envers des magnifiques animaux ! Je ne vois pas ce qui a de beau à allé voir sa . Allons vers un monde sans corridas et cirque avec animaux sauvage .

  5. milybabine33 27/03/2018 à 18:42:25

    La corrida c\'est pas une tradition c\'est un véritable massacre! C\'est la mise à mort d\'un pauvre animal sans défense par des bourreaux sans cœur, c\'est honteux !!!

  6. breeze 25/03/2018 à 00:37:40

    Franchement la corrida c\'est absurde ! Je ne vois pas ce qu\'il y a de beau et d\'intéressant à voir un animal se faire torturer jusqu\'à ce qu\'il meurt c\'est écoeurant ! J\'espère de tout coeur qu\'un jour on viendra à bout de cette stupidité ! 

  7. Kévin Reche 24/03/2018 à 16:25:58

    La corrida est à bout de souffle, vivement l\'épuisement total ! 

  8. Mazout33 23/03/2018 à 18:24:18

    Bonjour\nmoi et mon club le club SOS animaux aimerions mettre en place une pétition contre la corrida. Nous aimerions savoir comment faire. Vois pouvez nous donner quelques conseils svp? Cette souffrance gratuite est inacceptable.

  9. Milka73 21/03/2018 à 09:52:30

    Pour moi la corrida c'est de la torture suivi d'un meurtre, ce n'est pas un spectacle. Si les humains veulent s'amuser qu'ils se battent entre eux et qu'ils foutent la paix aux animaux.

  10. Bandy86 21/03/2018 à 02:42:36

    Et pourquoi pas la corrida accrobatique..... il faut être très leste et sportif puisque la personne saute par dessus le taureau lorsqu'il vient vers lui..; Il n'y a aucune souffrance pour l'animal et l'homme et l'animal se respectent et je vous assure que le spectacle est grandiose.

    Mais en France on est tellement bête (pourtant le français se croit le plus intelligent) que l'animal n'est pas respecté, c'est juste une chose que l'on fait souffrir à notre guise.