Faites un don

Retourner à l'accueil > Actualités > Nadia Fontenaille, à tire d'ailes

Hommage21.10.2009

Nadia Fontenaille, à tire d'ailes

La dame aux oiseaux, fée des pigeons, des merles et des grives a, à son tour, pris son envol. Nadia Fontenaille, présidente et fondatrice de la Société de Protection des Oiseaux (SPOV) est décédée mercredi 14 octobre 2009. La Fondation 30 Millions d'Amis, qui a toujours été à ses côtés, salue la mémoire et le travail d'une femme qui a dédié sa vie aux oiseaux et se joint à la peine de ses proches.

Nadia Fontenaille, présidente de la SPOV est décédée

La dame aux oiseaux, fée des pigeons, des merles et des grives a, à son tour, pris son envol. Nadia Fontenaille, présidente et fondatrice de la Société de Protection des Oiseaux (SPOV) est décédée mercredi 14 octobre 2009. La Fondation 30 Millions d'Amis, qui a toujours été à ses côtés, salue la mémoire et le travail d'une femme qui a dédié sa vie aux oiseaux et se joint à la peine de ses proches.

Douceur, persévérance, courage, sagesse et passion… Nadia Fontenaille restera éternellement la dame aux oiseaux ; femme d'une ténacité à toute épreuve à laquelle on pouvait téléphoner nuit et jour, sept jours sur sept, d'un bout à l'autre de la France, pour trouver un refuge à un oiseau blessé.

Née à Châtillon (92) où elle restera toute sa vie, elle grandit dans un monde proche de la nature, fascinée par les insectes, les fleurs et les oiseaux. Elle transcendera ses passions grâce à son œuvre picturale exposée dans plusieurs galeries parisiennes. Eveillée à la spiritualité par son mari, elle mettra en image plusieurs de ses écrits parmi lesquels "Les deux paradis" et "Malheur et Matière" afin de concrétiser "l'esprit des choses" sur ses toiles.

Très vite séduite par l'envol et la courbe de l'aile des oiseaux, elle couche ces derniers sur ses toiles. Son travail sur le geste, le mouvement et le rythme à travers l'art pictural séduit rapidement les librettistes de plusieurs balais. Elle en accompagnera trois, dessinant les décors et les costumes. Parallèlement, Nadia perpétue l'âme de son mari en retranscrivant ses derniers ouvrages, lesquels seront publiés en 1988 par les Editions Baudinières.

Nadia Fontenaille était passionnée par les oiseaux et particulièrement les pigeons
L'émission 30 Millions d'Amis avait consacré un reportage à Nadia en 2006

Nadia Fontenaille et les oiseaux

Ses amis peintres, qui savent depuis longtemps qu'elle aime les oiseaux, lui confient ceux qu'ils trouvent, malades ou blessés ; elle les héberge dans le poulailler réaménagé de la maison familiale à Chatillon. Heureux hasard, son voisin est vétérinaire. Touché par l'attention de Nadia pour les animaux en général et les oiseaux en particulier, il n'hésite pas à soigner ses pensionnaires.

Nadia fait alors par hasard la connaissance d'une jeune femme qui, comme elle, est émue par les oiseaux en détresse. Celle-ci vient à Châtillon, découvre le grand jardin, l'ancien poulailler, l'atelier. Elles parlent ensemble de la misère des pigeons qu'elles voient dans les rues, de la façon dont souvent les humains les maltraitent. Peu à peu mûrit dans leur esprit l'idée de s'organiser pour leur venir en aide. Sa nouvelle amie l'assure qu'elle trouvera de l'aide. Professeur à la Sorbonne, elle a beaucoup de relations qui pourraient les éclairer dans les démarches à accomplir. Au bout d'un certain temps, Nadia se laisse convaincre.

Pour concrétiser l'élaboration de ce projet, Nadia et son amie réunissent quelques personnes prêtes à apporter leur concours. Des formalités nouvelles pour Nadia vont s'imposer : rédiger les statuts, distribuer les fonctions administratives et les responsabilités, déposer les statuts à la Préfecture. L'existence de l'association est à présent enregistrée au Journal Officiel. Tout est en règle. Mais rendre la maison susceptible d'accueillir des oiseaux nécessite des transformations, des aménagements coûteux. Nadia décide alors de vendre tout ce qu'elle possède ; tout d'abord sa maison voisine, louée au vétérinaire, qui se portera acquéreur. Ensuite, les meubles et objets de valeur que sa mère lui avait légués ou donnés, tout au long de la pratique de son commerce.
 
Pour assurer les soins des oiseaux malades ou blessés, elle se rend toujours chez son voisin qui l'aide beaucoup. Celui-ci lui communique les adresses de ses confrères parisiens spécialisés. Commence alors avec certains d'entre eux une longue et fort efficace relation, lorsque le praticien bénévole attaché à l'association se trouve absent ou indisponible.

En 1989 paraît le premier numéro du Lien, quelques feuilles photocopiées, écrites par Nadia, qui deviendra le bulletin d'informations et de liaison entre tous les adhérents et amis de la SPOV. Nadia continue à peindre, mais le temps qu'elle peut consacrer à cette activité s'amenuise parce que les oiseaux arrivent de plus en plus nombreux. L'installation de volières dans le jardin apparaît indispensable pour accueillir les oiseaux handicapés qui ne pourront jamais retrouver la liberté. Peu à peu, la presse écrite, les radios, les chaînes de télévision s'intéressent à la SPOV, viennent à Châtillon. Les informations que diffusent les médias à son propos accroissent le nombre d'oiseaux à soigner, mais les retombées financières restent maigres.

Sauver les oiseaux des villes et limiter leur reproduction

Dès le début des années 90, Nadia Fontenaille intervient auprès des administrations et organismes décisionnels souhaitant limiter la prolifération des pigeons dans les grandes villes, prolifération qui entraîne des nuisances que les municipalités doivent combattre.
La capture des pigeons en vue de les euthanasier dans des coffres vides d'air entraîne une agonie lente et très douloureuse, que Nadia Fontenaille souhaiterait voir remplacer par une action plus immédiate abrégeant les souffrances de ces oiseaux : le gaz carbonique, administré dans les conditions requises pour réduire la durée de l'agonie.

Mais limiter en amont le nombre des naissances lui paraît une mesure beaucoup plus rationnelle. Pour y parvenir, elle essaie de convaincre les mêmes organismes et les municipalités que deux dispositions seraient rapidement efficaces. Tout d'abord l'autorisation de mise sur le marché de la graine anticonceptionnelle, autorisation en vigueur dans plusieurs pays de l'Union Européenne. En France, elle est actuellement soumise à l'accord des maires, mais sous de telles conditions que dans les faits elle n'est jamais concrétisée.
Nadia Fontenaille conseille dans le même but l'installation de pigeonniers dits "contraceptifs". Ils peuvent être installés dans des jardins publics ou tout autre site adapté. Par un entretien suivi et éclairé, ces habitats qui regroupent rapidement les pigeons du voisinage permettent une limitation des naissances par le retrait d'un certain nombre d'œufs.

Le premier pigeonnier a été installé à Châtillon en 1995 par M. Schosteck, maire de la ville. C'est en 2003 que M. Delanoë – Maire de Paris – a inauguré le premier installé dans le 14e arrondissement de la capitale ; d'autres ont suivi ou sont en projet d'installation, dans d'autres villes de France. En 2009 les volières de la SPOV bruissent de plus de 5000 paires d'ailes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Une autruche est même venue grossir les rangs.

Sources : http://www.templepourlapaix.org/paix-lumiere/bio-fontenaille.php

Commenter

  1. PASSA 01/11/2009 à 19:39:07

    Emu (s) par la perte de Nadia Fontenaille. Animé(s) par la même passion qu'elle ; protéger et préserver l'avifaune, nous espèrons de tout coeur que perdure son association. Fragilisés par les activités humaines, nos amis à plumes ont tant besoin d'âmes secourables qui leur procurent soins et havre de paix dans leur jardin ou sur leur balcon. Toute notre estime à Nadia.  

  2. xxmiix 28/10/2009 à 23:18:05

    Je suis touché de voir cela, car en ce moment même dans le coin oû j'habite il tue des centaines et des centaines de pigeons à la carabine !! Je trouve que c'est inadmissible !!

  3. *Moogli* 25/10/2009 à 11:37:18

    Encore un personnage de l'ombre qui s'en va.

    Elle ne voulait pas la reconnaissance, juste donner de l'amour à sa passion. Qui sait, elle aura peut-être une rue à son nom ?...quand il n'y aura presque plus d'oiseaux sur cette terre polluée par les humains.

    ALAIN, et sa bonne étoile *MOOGLI*

  4. gamin51 24/10/2009 à 18:24:24

    Hommage à madame Nadia FONTENAILLE ,dame au grand coeur,qui a consacré toute sa vie au bien être et la sauvegarde des oiseaux des villes.

    Désormais, les voici orphelins.Il en faudrait beaucoup comme elle pour sauver tous ces oiseaux.

  5. JOSETTE 24/10/2009 à 14:10:21

    Hommage à une grande dame. Qu'elle aille au paradis des oiseaux et des autres animaux aussi. Condoléances à sa famille.