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Débat06.09.2017

La protection animale, victime collatérale de la réforme du code du travail

La réduction du nombre de contrats aidés prévue par la nouvelle réforme du code du travail met en danger les associations de protection animale, qui comptent de nombreux salariés embauchés sous ce régime spécifique. 30millionsdamis.fr a enquêté.

© Animaux Sans Foyer de Montgeron / © Lozz- Fotolia.com

Les refuges pour animaux sont-ils condamnés ? Ils tirent en tout cas le signal d’alarme sur les effets pervers de la nouvelle réforme du code du travail. La mesure phare visée : la diminution importante du nombre de contrats aidés. 310 000 de ces contrats seront sauvegardés en 2017 contre 459 000 signés en 2016… Soit une réduction de 32.5 %.

Ce type de contrats – dont le principe a vu le jour en 1984 – permet d’embaucher des personnes ayant des difficultés d’accès à l’emploi. Financés en grande partie par l’Etat, ils sont légion dans le milieu associatif (qui dispose de très peu de moyens) et notamment dans la protection animale.

L’effet d’une bombe

Cette annonce a donc fait l’effet d’une bombe pour de nombreuses structures qui recueillent des animaux. « Notre avenir est clairement compromis, dénonce Stéphanie Slusarek, présidente du refuge Animaux sans foyer à Montgeron (91). Au 1er août, 2 contrats aidés sur les 3 devaient être remplacés. Alors que j’étais en pleine recherche de candidatures, le Pôle Emploi m’a appelé pour me dire qu’il y avait un gel des contrats aidés. Résultat : je n’ai plus qu’un seul soigneur embauché en temps partiel et nous n’avons absolument pas les moyens de prendre en charge un salaire à plein temps. »

Quant à l’association ADADA (63), elle confie son affolement : « D’ici décembre 2017, ce sont 8 contrats sur 13 qui sont supprimés. Nous sommes très inquiets pour nos 320 ânes ! », explique Marinette Panabiere, sa présidente.

Le refuge de Marmagne (71) et l’association AVA (76), ont partagé la même inquiétude à la Fondation 30 Millions d’Amis.

Des fermetures faute de personnel

Face à la vague de contestations des associations mais aussi des collectivités, le gouvernement a annoncé que trois secteurs resteraient prioritaires pour les emplois aidés : l’accompagnement des enfants handicapés, l’Outre-mer et les secteurs d’urgence sanitaire et sociale. La protection animale n’y figure donc pas ! Et pourtant, les refuges indépendants sont nombreux à compter sur ses emplois aidés pour faire fonctionner leurs structures au quotidien, en plus de l’aide des bénévoles. Sans subvention et ne comptant que sur les dons des particuliers, ces refuges ne pourront subsister. « Nous ne pouvons pas fonctionner en ne comptant que sur l’appui des bénévoles. Malgré leur formidable travail, ce n’est pas une situation pérenne », confirme Stéphanie Slusarek.

Constat similaire pour Dolorès B., qui bénéficiait d’un contrat aidé dans un petit refuge dans la Saône-et-Loire : « Nous n'avons pas de bénévoles pouvant s'occuper des animaux, ni tous les jours, ni toute la journée. Cela veut donc dire que le refuge devra fermer faute de personnel suffisant. »

 

Notre avenir est clairement compromis. S. Slusarek, pdte du refuge de Montgeron (91)

Des milliers d’animaux en danger

En diminuant d’un tiers le nombre de contrats aidés, le gouvernement met donc en danger des milliers d’animaux abandonnés ou maltraités, dont la survie ne dépend que des refuges qui s’interrogent sur les moyens dont ils disposeront demain pour continuer de mener à bien leur mission de service public. Une mission qu’ils remplissent auprès des animaux, certes, mais également auprès des hommes : « Il faut aussi garder en tête que ces contrats sont destinés à des personnes qui ont connu une longue période de chômage. En travaillant dans nos structures, ces salariés bénéficiaient aussi d’une re-sociabilisation de l’humain par le biais de l’animal », confie la présidente du refuge de Montgeron (91).

Le préfet, juge de paix ?

La Fondation 30 Millions d’Amis, qui soutient plus de 250 refuges dans toute la France, s’alarme des conséquences dramatiques de cette réforme et enjoint le gouvernement à maintenir un maximum d’emplois aidés dans la protection animale. Contacté par 30millionsdamis.fr, le ministère du Travail est malheureusement resté sourd à nos sollicitations.

Le président Macron a toutefois demandé à ses préfets de gérer les situations délicates : « Je vous invite à bâtir, dans chacun de vos départements, un plan de mise en œuvre de cette réforme des contrats aidés en veillant d'abord à ce que toutes les situations délicates soient traitées rapidement et efficacement, afin de favoriser la continuité des actions engagées. » Espérons que les préfets seront à l’écoute des refuges… et sensibles au sort de leurs protégés.

Commenter

  1. catsfriend 16/09/2017 à 11:14:21

    Toujours les mêmes qui vont ramasser: ceux qui ne peuvent pas s'exprimer et manifester leur mécontentement. Je suis complètement d'accord avec Bandy86: Monsieur Macron n'aime pas les animaux et n'en a donc que faire. C'est tout à fait flagrant. Alors, il n'y a rien à attendre de lui et de son gouvernement en faveur de nos compagnons à poils et à plumes!

    Quelle tristesse!

  2. cathye 14/09/2017 à 18:08:13

    Hé oui je savais bien qu'il fallait pas voter pour lui, avec l'augmentation de la CSG qui ne sera même pas deductible des impôts alors que ceux qui ne sont pas imposables font partie des gens modestes, la baisse de l'APL même pour les logements sociaux alors que ce sont des logements pour personnes modestes, ce sont tjr les plus modestes qui trinquent et maint la suppression du contrat aidé qui va mettre ldes milliers de personnes au chômage et mettre en péril tous les refuges pour animaux qui vont eux aussi etres victimes des reformes a la MACRON y en a ras le bol!!!!!!!!!!!!!

  3. anonyme 14/09/2017 à 10:32:48

    Est-ce que 30 MILLIONS D'AMIS peut lancer une pétition demandant la pérénisation des contrats aidés pour les refuges ?

    J'ai signé plusieurs pétitions qui indiquaient la fermeture de certains refuges et demandant leur maintien. C'est catastrophique.  

     

  4. Christian.galliano@wanadoo.fr 14/09/2017 à 08:13:38

    C'est bien triste,les animaux vont encore payer le mépris de l'être humain,aucun intérêt pour le gouvernement.Les animaux ne votent pas et ne descendent pas dans la rue pour se plaindre,c'est comme l'augmentation de la CSG,c'est pas les retraites avec leurs cannes,leurs fauteuils roulants ect.....qui vont manifester dans la rue.Bien vu quel courage.SVP Mr Macron arrêter de faire le beau avec vôtre chien sur les marches de l'Elysée si vous ne faite rien pour améliorer la condition animal dans ce pays.

  5. Bandy86 14/09/2017 à 00:34:10

    Mr Macron n'aime pas les animaux, il n'a jamais rien fait pour eux, et ce n'est pas maintenant que ça va commencer.... Il a voulu se faire bien voir en adoptant un chien de la SPA, et faire comme ces prédécesseurs,  mais il ne s'en occupe pas, il a du personnel pour ça, les caresses de sa part, ce pauvre chien pourra les compter sur le bout d'une patte.....

    Quand aux personnes travaillant sous ces contrats, qui on pour le moment la chance de gagner un peu d'argent en donnant en plus leur services aux animaux, on s'en fiche, personne ne leur demande leur avis, et oui notre gouvernement pose des lois, pour ça il n'y a pas de problème, mais sont elles justes, c'est une autre histoire.....

    Mr Macron demande aux préfets de gérer les situations délicates.... n'ayez crainte ces derniers ne bougerons pas le petit doigt, de peur de ne pas être en accord avec leur chef.... Mr Macron

    Tout cela me révolte, on ne comprend pas tout l'amour que peu nous donner un animal, et pas seulement un chien ou un chat, n'importe quel animal à partir du moment ou on est responsable de lui, il nous le rend au centuple.

  6. barique-daisy 13/09/2017 à 21:33:58

    Bonsoir, alors moi je suis d'accord avec Domino 05. Il faudrait annuler les contrats aidés dans les services publiques qui nous coute cher et en plus pour des gens qui se mette en arrets tout le temps et qui prenne le travail a ceux qui veulent vraiment bosser. C'est la qu'il faut economiser! pas avec les associations, les écoles etc...

    Et d'accord aussi avec Tius sur Macron. Il ne va pas au bout des choses. Sur le compte on n'y est pas. Il a fait des promesses qu'il ne tiendra pas. En fait il est comme tout les autres.. Mais il été tellement different des autres candidats quand il s'est présenté que tout le monde a été berné!  Quant a l'avenir de la protection animal et meme de la situation socio-économique de la France moi ça me laisse perplexe...

  7. Poppy75 12/09/2017 à 18:43:10

    La diminution du budget dédié aux contrats aidés (regrettable pour la protection animale) n'a rien à voir avec la réforme du code du travail ...

  8. tius 12/09/2017 à 18:05:27

    La politique de Macron est inconséquente. Il ne va pas au fond des choses.

    Après avoir insinué son mépris pour les associations (de protecton animale en particulier), le voilà qu'il "adopte" un chien de la SPA. Toutes ces gesticulations contradictoires essaient d'attendrir les plus crédules. Il y parvient de moins en moins bien mais ça va durer 5 ans (c'est long) pour maintenir un refuge dont les premières victimes seront les animaux, les personnes voulant tisser des liens sociaux et les bénévoles...

    En attendant pourrait-il revoir les salaires des hauts cadres de la SPA, par exemple. C'est édifiant !

  9. pouguy 12/09/2017 à 18:03:53

    c'est hors de question d'abandonner nos amis les animaux, cette loi va vers la misère de la france

  10. ramakuzhou@gmail.com 12/09/2017 à 17:46:26

    Cette situation est bien triste. Naturellement, notre "matamore national" s'en fiche complètement: je plains son chien: avec un patron pareil, il risque de rencontrer de fameux problèmes. Que faire avec ce "banquier" élu par une minorité de "retourneurs-de-veste" qui ne cherchent que leur bien-être. Et je doute que les préfets, "fidèles serviteurs" de l'Etat, acceptent de bouger: pour eux un animal n'est pas différent d'un SDF ou d'un chômeur! Et l'on parle de "progrès" !!!