Faites un don

Retourner à l'accueil > Actualités > Abattoirs : la vidéosurveillance adoptée, mais…

Politique13.01.2017

Abattoirs : la vidéosurveillance adoptée, mais…

Les députés ont adopté le principe de vidéosurveillance dans les abattoirs, satisfaisant ainsi une demande des associations de protection animale relais d’une très large majorité de nos concitoyens. Pour autant, si cela constitue une avancée, ce dispositif, en l’état, reste insuffisant. Le décryptage de 30millionsdamis.fr.

Olivier Falorni au micro de 30 Millions d'Amis après le vote de la proposition de loi.

L’amendement d’Olivier Falorni, président de la commission sur les abattoirs et rapporteur de la proposition de loi "relative au respect de l'animal en abattoir", a été adopté par 28 voix contre 4 (3 élus LR et un UDI), après de longs débats (12/01/2017) qui n’ont réuni que… 5,5 % de la représentation nationale.

« Je suis épuisé mais très heureux et je veux remercier tous les citoyens mais aussi toutes les associations qui se sont mobilisés. (…) En alertant les gens, la Fondation 30 Millions d’Amis et toutes les associations qui se sont regroupées ont joué un rôle citoyen. Je crois qu’elles ont contribué à l’avancée de ce sujet majeur… » a confié le député O. Falorni à la Fondation 30 Millions d’Amis à l’issue de la séance publique.

Des caméras seront donc installées dans toutes les zones où des animaux vivants sont manipulés, qu’il s’agisse « des lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort » à partir du 1er janvier 2018. Et ce, « à l’issue d’une expérimentation permettant d’évaluer l’opportunité et les conditions de leur mise en place ». Il n’est toutefois pas précisé quels seront les abattoirs tests et qui évaluera cette expérimentation.

 

En alertant les gens, la Fondation 30 Millions d’Amis et toutes les associations ont joué un rôle citoyen. O. Falorni.

Qui contrôle, quand, comment ?

Les images seront conservées un mois au maximum et ne seront visibles que des services vétérinaires et des RPA, Responsables Protection Animale [attention, il ne s’agit pas d’un représentant des associations de protection animale mais d’un salarié de l’entreprise, NDLR] au sein des abattoirs.

En l’état, ce dispositif comporte des lacunes : à quel moment les images seront-elles visionnées ? Qui donnera l’alerte en cas de dysfonctionnement ? Pourquoi avoir écarté les organismes de protection animale du contrôle des vidéos ?

Dans ce contexte, les associations déplorent que la présence des vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort soit abandonnée : aucun vétérinaire n’assurera donc de contrôle sur toute la chaîne d’abattage. Dans cette hypothèse, la vidéosurveillance n’est d’aucun secours : il est en effet utopique de penser qu’il y aura un œil vigilant derrière chaque caméra.

Des mesures essentielles abrogées…

Ont été annulées également les dispositions concernant la création de comités locaux et le comité national d'éthique pour les abattoirs qui auraient réuni services vétérinaires, éleveurs, représentants d’associations de protection animale, élus locaux… chargés de s’assurer du bon respect des pratiques d’abattage.

Autres motifs de déception : les amendements des députés Geneviève Gaillard (PS) et Jacques Lamblin (Les Républicains) sur la formation des opérateurs et sur l'étourdissement des animaux ont tous été rejetés ! Tout comme l’expérimentation de l’abattage mobile et l’interdiction d’abattre des femelles au dernier trimestre de leur gestation.

Le détail des votes concernant l'amendement Falorni. © Fondation 30 Millions d'Amis

… et des motifs de satisfaction

Toutefois, l'article 6 qui contient le renforcement des sanctions pénales a été adopté. En clair, les députés ont décidé d’étendre l'article L. 215-11 du code rural et de la pêche maritime qui prévoit une sanction plus lourde (de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende dans certains cas particuliers de mauvais traitements) aux établissements d'abattage ou de transport d'animaux. Ainsi, ce délit sera constitué dès lors que les personnes exploitant un établissement d'abattage ou de transport d'animaux vivants commettraient ou laisseraient commettre des mauvais traitements aux animaux placés sous leur garde.
 
« J'observe que depuis la réforme du Statut Juridique de l’Animal dans le Code Civil portée par la Fondation 30 Millions d’Amis en 2015, la cause des animaux s'est faite une place dans le débat public et politique et je m'en réjouis. Désormais, les problématiques soulevées par les acteurs de la protection animale trouvent un écho sans précédent dans l'opinion, dans la sphère médiatique, et dans l’hémicycle. Nos élus et nos dirigeants n'ont dès lors plus d'autres choix que d'apporter des réponses concrètes à cette demande sociétale forte que nous avons tous permis d'émerger », souligne Reha Hutin, la présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Partagez cette actu sur Facebook, Twitter ou Google Plus #Abattoirs /#Vidéosurveillance

La Fondation 30 Millions d’Amis vigilante

Le texte, adopté le 12 janvier 2017 en première lecture à l’Assemblée nationale, doit à présent être examiné par le Sénat. La Fondation 30 Millions d’Amis restera vigilante – avec l’ensemble des associations de protection animale – lors des prochaines étapes du processus législatif pour que chacune des dispositions de la loi constituent une avancée concrète en matière de protection animale.

Commenter

  1. pouguy 20/01/2017 à 19:17:01

    faut croire que nos politiques ne s'intéresse pas à nos amis les animaux, car ça fait des annnées que l'on nous dit qu'il va y avoir un ministère pour eux, et il n'existe toujours pas. si l'on met les vidéos j'espère que les images ne seront pas falsifiées ss'il y a cruauté  et nons respectenvers l'animal

  2. mamijo 19/01/2017 à 18:21:13

    32 députés sur 577  Quelle honte ! apparemment ça ne les intêresse pas ! Il reste encore le passage au sénat  C'est un tout  petit  pas ....

    Que fait-on pour le personnel qui y travaille ? Si ces hommes  n' ont que ce boulot en perspective , il y a de quoi devenir fou à moins d 'être un monstre  ( comme le dit louchannel ! )

  3. keria 19/01/2017 à 17:35:15

    Une mesure quasi vide. Comment peut-on demander aux gens qui sont contrôlés de faire eux-mêmes le contrôle ? Pas de formation non plus des opérateurs et pas de réforme de l'étourdissement. J'ai l'impression, une nouvelle fois, que le gouvernement joue la langue de bois et refuse de faire, de procéder à de vrais changements. Le retard dans le droit des animaux, le nombre de victimes et la diversité des pratiques cruelles sont énormes et on propose de toutes petites mesures face à un phénomène très grave. D'ailleurs, en haut lieu, on ne s'en soucie pas vu que très peu de députés ont été présents dans l'hémicycle ce jour-là. J'ai honte pour la France qui choisit de poursuivre dans l'enlisement et la décadence !

  4. louchannel@hotmail.fr 18/01/2017 à 13:29:22

    OUI !!!! C'est un pas de plus mais pas encore assez , malheureusement . Quand je pense à certaines personnes de notre gouvernement , qui laissent faire , qui ferment les yeux devant tant d'orgies faîtes par des Hommes ! Mille Merci cependant à vous , à toutes les personnes qui luttent au quotidien , qui ne baissent pas les bras car c'est tout de même encore une victoire . Merci à 30 Millions d'Amis , nous sommes de plus en plus nombreux , nous sommes la force , ENSEMBLE !!! Mes Amis , Nos Amis Les Animaux compte sur nous et je rajoute que je ne comprendrai jamais comment Ces Hommes qui travaillent pour et dans les abattoirs  , et qui prennent plaisir , comment font-ils pour dormir et se regarder dans un mirroir car ceux sont DES MONSTRES ! Je ne pourrai pas être la femme d'un de ces Hommes et je n'ai pas honte de le crier haut et fort , je HAIS CES HOMMES , JE HAIS CES MONSTRES INHUMAINS SANS COEUR !!!

  5. bounty1939 18/01/2017 à 10:32:53

    bien évidemment, si un cas de maltraitance se produit, je doute très fortement que cela soit diffusé et même signalé par un collègue de travail qui, n'en doutons pas, s'empressera de "perdre" cette cassette  Il est donc naturellement essentiel d'aller plus loin et d'obtenir la vision de ces enregistrements pas un délégué des associations.

     

  6. TOUMAN 18/01/2017 à 08:40:34

    Les vidéos vont filmer : et après ? vont-elles être consultées chaque jour du début à la fin par des gens comptissants ?

    Qui les aura vues et agit en conséquense avant qu'elles ne soient détruites ?????

    Quelqu'un peut-il me répondre ce que ça va changer réellement ?

  7. afruleux@hotmail.com 18/01/2017 à 00:10:14

    Je trouve absolument détestable que ce débat n'ait été effectué qu'en présence d'une infime partie de ceux qui se disent nos représentants. Il serait bon de prendre conscience de l'importance des animaux dans notre société, du bonheur qu'ils donnent et des tortures atroces qui leur sont infligées très souvent en retour par des êtres immondes qui ne méritent pas leur appellation d'êtres humains.

    A Mesdames et Messieurs de la représentation Nationale: merci à ceux qui ont partcipé à l'amélioration de la condition animale. Pour les autres, j'ai honte, même à petite échelle, d'être dans l'obligation de faire vivre dans un luxe exorbitant de tels représentants nationaux dont le seul coeur n'est qu'un portefeuille.

  8. Hoda.landier@yahoo.fr 17/01/2017 à 22:04:19

    Pour faire changer les choses dans les abattoirs il faut cesser de manger nos amis les animaux pour ma part je ne me nourris plus de viandes ni poissons ou autres produits d\'origine animale et surtout pas le lait des pauvres vaches maltraitées c\'est la seule façon de diminuer la souffrance de nos amis les animaux

  9. jolimou 17/01/2017 à 19:37:55

    Les images ne seront conservées qu'un mois. RPA: resposables protection animale, cela ne veut rien dire et ne sert à rien , ppuisque ces RPA sont des salariés des abattoirs . En fin de compte , le supplice des animaux continera . Croyez-vous que ces RPA oseront dévoiler publiquement la réalité , au risque d'être licenciés ?!.....J'aurais souhaité que ce RPA soit un responsable d'une association de défense des animaux , digne de confiance . Bien entendu , si le Sénat vote cette loi , un pas en avant sera fait , mais il ne faudra pas baisser la garde ...Pour mettre fin à ce géocide , l'humanité doit renoncer à se nourir de viande . Le combat est loin d'être fini . 

  10. anonyme 17/01/2017 à 18:44:09

    Petit à petit l'oiseau fait son nid. 1ère avancée majeure : le changement du statut juridique de l'animal. 2ème avancée : la mise en place de caméras qui telle qu'elle a été votée n'améliorera pas vraiment le sort des animaux destinés à la boucherie. Tout aussi important : LA FORMATION DES OPERATEURS qui va de paire avec la sensibilisation à la souffrance animale. Je ne comprends pas pourquoi l'assemblée a rejeté cette formation et j'espère que la Fondation reviendra à la charge pour nous faire signer cette future pétition, en partenariat avec les autres associations (PETA, L214, etc...).

    Cependant, grâce à la Fondation et toutes les autres associations, l'animal revient de plus en plus souvent au coeur de l'actualité et ça C'EST UN BON POINT pour allerter l'opinion publique !!

    Merci à 30 millions d'amis et à tous ses partenaires ! Nous restons mobilisés !