« Si le loup risque d’attaquer un troupeau, la meilleure façon de faire c’est de prendre le fusil et tirer ». C’est par ces mots que l’eurodéputé Europe Ecologie Les Verts (EELV) José Bové a relancé la polémique sur le loup dans une interview sur les ondes de Radio Totem le 17 juillet 2012 au cours de laquelle il a été amené à réagir sur le « retour fortement présumé du loup dans le département de la Lozère ».
« On peut pas dormir la nuit avec la menace du loup. Ce qui se passe dans les Alpes est absolument intenable pour les éleveurs et si cette menace risque d'arriver ici dans les Cévennes, ça va être intenable encore. Donc je crois pas qu'au nom de la biodiversité, on doit accepter (...) Est-ce qu'on veut qu'il y ait encore des paysans, des bergers », a-t-il ajouté.
Pour la Fondation 30 Millions d’Amis - qui rappelle que le loup est une espèce entièrement protégée par la Convention de Berne ratifiée par la France - ces propos sont tout simplement scandaleux et indignes d’un élu chargé de la protection de la nature.
« C’est l’héritage français de la bête du Gévaudan qui continue de provoquer des réactions moyenâgeuses », s’indigne Reha Hutin, sa présidente.
La France en retard par rapport à ses voisins
Notre pays compte une population d’environ 200 loups que les éleveurs accusent régulièrement de décimer leurs troupeaux. En juin dernier, la France prenait une nouvelle réglementation encore plus permissive en matière d’élimination. Or, plutôt que de pratiquer des tirs de régulation dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour la biodiversité, la Fondation 30 Millions d’Amis milite – aux côtés d’associations de protection des animaux sauvages comme l’ASPAS qu’elle soutient – pour des solutions de protection des troupeaux.
La France, à contrepied de tous ses voisins européens, affiche sa volonté de pratiquer la politique du pire alors que des dispositifs simples et efficaces existent et font leurs preuves en Italie, en Espagne et en Europe de l’est. Dans ces pays, la triple protection par les chiens, des bergers et des clôtures a prouvé son efficacité. En France, les éleveurs ne gardent plus leurs moutons. Avec le recours à l’élevage intensif, ce sont des centaines d’animaux qui sont laissés seuls dans la nature pendant de longues périodes avec pour seule protection, les étoiles du ciel.
Convaincue que des méthodes pacifistes peuvent être adoptées pour favoriser une coexistence harmonieuse entre le loup et le pastoralisme, la Fondation 30 Millions d'Amis est aujourd'hui très inquiète par le bien triste avenir promis aux quelques loups survivants en France.
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