A l’heure où les campagnes françaises retentissent des coups de fusils des amateurs cynégétiques, la Fondation 30 Millions d’Amis met en garde contre les dangers que représente cette pratique pour les usagers de la nature. Petits rappels utiles à l’attention des non-chasseurs. Car si la pratique de la chasse est tout à fait légale, chacun dispose de droits face à elle.
Oiseaux et autres animaux dits de gibier n’ont qu’à bien se tenir : les amateurs de chasse commencent leur nouvelle saison. Chemins, forêts et campagnes vont pendant quelques mois être leur lieu de prédilection, au péril des promeneurs, à pied ou à vélo. Une cohabitation difficile que la loi n’aide guère. Depuis 2000, tout non chasseur a désormais le droit de refuser la chasse chez lui [loi du 28/06/00, NDLR]. Nelly Boutinot, vice-présidente de la ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage et la défense des non-chasseurs, apporte cependant une précision importante : « Les ACCA [Associations Communales et Intercommunales de Chasse Agréées, NDLR] régissent certains territoires*. Les chasseurs de l'ACCA ne peuvent exercer leur pratique qu'au-delà de 150 mètres des habitations. Sur les zones qu’elles ne réglementent pas, on peut apposer un panneau avec la mention d’interdiction. »
Et la complexité ne s’arrête pas là : « 5 ans sont nécessaires pour que le Préfet accorde à un particulier le droit de faire cesser la chasse sur sa propriété », ajoute Nelly Boutinot, qui rappelle que depuis 1982 aucun périmètre de sécurité n’est obligatoire, et que seuls les tirs en direction des habitations sont interdits. Une réglementation qui n’est pas vraiment en faveur des opposants à la chasse, qui peuvent néanmoins interdire cette pratique sur leur propriété !
Faire cohabiter « anti » et « pro » : mission impossible ?
« Il faut absolument réserver des créneaux aux non-chasseurs. Des moments où chacun se sent en sécurité sans crainte des coups de fusil.
Nelly Boutinot, vice-présidente de la ligue ROC
Pour aller dans le bon sens, le ministère de l’Ecologie avait réunit en 2010 fédérations de chasseurs et associations de protection animale. Mais ces Tables Rondes sont désormais suspendues. « Cela constituait une réelle avancée pour trouver de bons compromis, regrette Nelly Boutinot. Mais nous espérons que les concertations se poursuivront sous une autre forme. »
Dans l’attente de nouvelles mesures ou d’améliorations, la Fondation 30 Millions d’Amis rappelle qu’en 2009, 174 accidents, dont près d’une vingtaine mortels, ont ponctué la saison de la chasse. Qu’ils concernent chasseurs ou non chasseurs, ces chiffres** sont révélateurs des problèmes de sécurité posés par cette activité, au-delà des simples nuisances : « Il faut absolument réserver des créneaux aux non-chasseurs. Des moments dans le week-end où chacun se sent en sécurité sans crainte des coups de fusil » rappelle la vice-présidente de la ligue ROC.
Accident le jour de l’ouverture
Chacun peut encore avoir en mémoire l'accident qui a ouvert la saison de chasse 2011-2012 : un homme de 45 ans blessé par les tirs de son fils de 16 ans qui débutait. Un accident qui interroge la vice-présidente de la ligue ROC sur l'âge légal requis pour se livrer à une telle pratique. « Pour manier une arme, une maturité suffisante est-elle acquise dès l’âge de 16 ans ? » s’interroge Nelly Boutinot.
*L’ACCA concerne toute commune dont la superficie est inférieure à un certain seuil variant de 20 à 60 ha d’un seul tenant.
**Selon les chiffres communiqués par l’ONCFS pour la saison 2009-2010
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Article publié le : 16-09-12