Avoir un chien ou d'un chat déterminerait notre caractère. C'est ce que tend à démontrer une récente étude américaine. Plus surprenant encore, notre physique en dépendrait aussi ! Décryptage de spécialistes en éthologie, en comportementalisme et en psychologie, interrogés par la Fondation 30 Millions d'Amis.
Réalisée par l'université du Texas auprès de 4500 personnes, une étude publiée le 17/01/10 révèle qu'avoir un chien ferait de vous quelqu'un de plus sociable et de plus enclin à être ouvert aux autres. Tandis que posséder un chat vous classerait plutôt parmi les personnes créatives, philosophes et non conventionnelles, mais plus névrosées. Toujours selon cette étude, les maîtres de chien seraient plus agréables, plus extravertis et plus consciencieux, même s'ils ne brillent pas par leur imagination et leur caractère artistique, contrairement aux maîtres de chat.

Pour Christian Diaz, vétérinaire comportementaliste et directeur de l'association francophone des vétérinaires praticiens de l'expertise (AFVE), cette nouvelle étude américaine, prise au pied de la lettre, prête plus à sourire qu'à la vraisemblance. "Et si l'on est propriétaire d'un chat ET d'un chien, alors on est schizophrène ???", lance-t-il en éclatant de rire. "Plus sérieusement, si le but de cette étude est de mieux aider au choix de son futur compagnon, alors oui, elle a une utilité. Il ne faut pas perdre de vue que le plus important lorsqu'on choisit de s'attacher à un compagnon, la première chose à prendre en compte, est d'abord et avant tout son mode de vie."
Même son de cloche chez Erik Pigani, psychologue, auteur de La Communication Animale (Lattès, 2007) et dont les travaux l'ont amené à se pencher sur la télépathie inhérente au animaux et à son pouvoir sur les êtres humains : "On peut avoir une préférence pour un type d'animal soit plus indépendant, soit plus fidèle, mais cette préférence ne détermine pas notre personnalité, c'est la personnalité qui détermine la préférence pour un type d'animal plus que pour un autre". Ce qui interpelle, selon lui, "plus que le simple choix entre tel animal ou tel autre, c'est la façon dont les animaux peuvent arriver de manière totalement fortuite dans notre vie". Pour ce journaliste, chef de rubrique a Psychologie Magazine, c'est cette rencontre fortuite avec son animal qui génère cette interaction "étonnante et fructueuse qui permet d'en connaître encore plus sur nous-mêmes". Quant à Christian Diaz, faisant l'inventaire des maîtres croisés au quotidien dans son cabinet, il remarque presque en aparté que "les chats sont souvent plus féminins...".
"La classification des maîtres au regard de leur animal me paraît très étroite", tranche Claude Béata, vétérinaire comportementaliste. "En consultation, on va avoir des clients très différents et c'est à ces différences que l'on s'attache." Auteur de plusieurs rapports sur la place du chien en ville et au sein de la société française, place de plus en plus décriée, le spécialiste fait remarquer que "cette étude américaine a au moins un mérite : celle de rendre les propriétaires de chiens, et par extension de leur animal, plus sympathique. C'est un but plutôt louable, à l'heure où les chiens sont de plus en plus considérés comme des éléments négatifs dans notre société. Si cette étude prouve que le chien a une utilité sociale, comme par exemple l'ouverture d'esprit de leur maître ou encore leur capacité à être plus consciencieux, alors c'est plutôt positif !"
Un retour en grâce que ne peut que saluer la Fondation 30 Millions d'Amis !
Article publié le : 26-01-10