Depuis toujours, la Fondation 30 Millions d'Amis incite les propriétaires de chiens à être des maîtres responsables et civiques. Ramasser les crottes de son compagnon à quatre pattes en fait partie... Une brigade spéciale, la brigade anti incivilités, a d'ailleurs été créée pour vérifier que la loi est bien appliquée.
Ils sont 90 inspecteurs de salubrité de la Direction de la propreté et de l'Eau (DPE) à arpenter les rues de la ville de Paris, carnet à souches au point, pour verbaliser les contrevenants aux indélicats qui déposeraient leur poubelle sur la voie publique, laissent les déjections de leur chien trôner sur le trottoir, ou encore urinent au vu et au su de tout le monde. Et gare à ceux qui feraient mine de tout ignorer de leur présence... La crotte négligée sur le bitume coûte cher : entre 183 et 450 euros !

De fait, la Fondation 30 Millions d'Amis n'a de cesse de rappeler que les maîtres des chiens citadins se doivent d'être parfaits ; la vitrine du monde animal ne devant pas rester à ras de terre – au niveau des crottes – mais au contraire s'élever, au niveau du coeur. Difficile pour le piéton malchanceux qui glisse sur les déjections de notre compagnon de le considérer autrement que comme un producteur de ce que le langage châtié nommera "de nuisance canine". A chacun de nous, donc, de veiller au bon déroulement de la vie en société.
Pourtant, comme le rappelle un article paru dans le quotidien Le Parisien (15/12/09), les agents de la brigade anti-crottes sont... hors la loi. Ils patrouillent en civil quand ils devraient systématiquement porter l'uniforme. Une note de la direction des affaires juridiques de la mairie de Paris, que s'est procuré le journal, stipule que ses agents sont "astreints au port de l'uniforme". Sans quoi, les personnes verbalisées par ces agents en civil pourraient saisir le juge de l'exécution pour faire annuler leurs amendes.
Des amendes illégales ?
Par ailleurs, le montant des amendes, mentionné dans la brochure "Bien vivre avec les animaux à Paris", expliquant que la contravention "pour ne pas avoir ramassé les déjections de son animal peuvent aller de 183 à 450 euros" va à l'encontre d'un décret du 26/09/2007. Ce décret précise que "le fait de déposer ordures, déchets, déjections, matériaux, liquides insalubres ou tout autre objet de quelque nature qu'il soit, y compris en urinant sur la voie publique, est puni de l'amende prévue pour les contraventions de 2ème classe". Soit un montant de... 35 euros (pouvait être majoré à 150 euros) !
Le quotidien rappelle que 1858 personnes ont été verbalisées pour les seules "nuisances canines" en 2008. Les riverains, de leur côté, apprécient de pouvoir marcher sur les trottoirs sans avoir à "slalomer" entre les crottes. Les maîtres de chiens se sont pliés de plus ou moins bonne grâce aux exigences de la loi (art. R. 2512-5-9 du Code général des collectivités territoriales) et les efforts des uns et des autres finissent par payer. Reste que les municipalités, dont Paris, oublient quelques uns des aménagements qui rendraient la vie citadine "encore" meilleure, tels que : la présence systématique de sacs dans les distributeurs prévus à cet effet pour ramasser la production odoriférante de nos amis, la présence d'espaces verts qui leur seraient intégralement dédiés... etc.
Ce serait un beau geste. En attendant, nous pouvons (devons !) faire acte d'un peu de bon sens en recyclant les sacs, plastique et papier, que nous ramenons de nos achats chez le primeur et autres commerçants de quartier, ou même au supermarché du coin !
Article publié le : 22-12-09