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Vos réactions à l'encontre des propos tenus par Marie-Paule Dousset dans l'émission Coûte que Coûte sur M6 (2/09/09) ont étés très vives et très nombreuses. Lors de sa contre-visite chez Marc et Ludivine – témoins du reportage – la journaliste n'a pas mâché ses mots concernant l'achat d'un cochon d'Inde par le couple. Des propos qui ont choqué. Contactée au téléphone par la Fondation 30 Millions d'Amis, Marie-Paule Dousset revient sur cette séquence.
Fondation 30 Millions d'Amis : Vos propos concernant le cochon d'Inde étaient rudes, non ? Marie-Paule Dousset : Il faut se rendre compte de la manière dont sont filmées ces émissions. On y parle naturellement, c'est du "live" [du spontané, NDLR]. Mon rôle, c'est d'aider ces ménages en difficulté à faire le plus d'économies possibles, à se serrer la ceinture au maximum. Alors quand je vois qu'entre notre première visite et la suivante dix jours plus tard, ils ont acheté un cochon d'Inde, avec la cage et tout ce que cela implique de dépenses sur le long terme, je me suis fâchée. Et je ne nie pas que mes propos aient pu sembler déplacés. J'en suis consciente et je suis responsable de ce que j'ai dit. Mais il faut replacer les choses dans leur contexte.
F30MA : Vous reconnaissez quand même avoir porté un jugement sévère ! Marie-Paule Dousset : C'est vrai. Mais dans cette émission, ce ne sont pas les animaux qui sont au cœur du sujet. On a une famille de six personnes vivant avec 2200€ /mois : le problème n'est pas l'animal, mais la survie de toute une famille. Cela faisait dix jours qu'on essayait de leur faire gagner un centime après l'autre pour garder la maison et payer la voiture. Et j'apprends par la suite cet achat de cochon d'Inde...
F30MA : Et cela pose un problème ? Vous sembliez en avoir après l'animal lui-même... Marie-Paule Dousset : Dans ce cas précis, c'est l'achat qui pose problème, pas l'animal en soi. Mon objectif c'est de faire en sorte qu'une famille dans une situation financière très difficile, survive. Or il va falloir s'occuper de cet animal et l'on ne se rend pas toujours compte du budget global à investir sur le long terme. Pour Marc et Ludivine, je ne me fais aucun soucis, ce sont des gens bien qui aiment les animaux et pour lesquels les animaux font partie intégrante de la famille. Ils ont gardé leur cochon d'Inde et je sais qu'ils préfèreraient se couper un doigt plutôt que de le rendre. Mais mon rôle est aussi de mettre en garde le plus grand nombre.
F30MA : Vous n'avez rien contre les animaux, alors ? Marie-Paule Dousset : Bien sûr que non ! Dans la famille de Marc et Ludivine il y a des poissons rouges, des oiseaux, des souris blanche, un chat, un chien... J'ai mes propres projets d'adoption de mon côté. Mais ce que certains oublient, c'est que les animaux, il faut les nourrir et s'en occuper. Il n'est pas question de les abandonner en cours de route ! Alors il faut réfléchir avant d'accueillir un animal chez soi. Les gens que je vais voir sont dans une détresse financière qu'on imagine mal tant qu'on ne l'a pas vue. Je considère donc qu'il y a des priorités dans la vie et je place l'humain au-dessus de l'animal.
F30MA : Vous comprenez toutefois les réactions que vous avez suscitées ? Marie-Paule Dousset : J'ai reçu des lettres d'insultes et des messages d'une grande violence. J'ai commencé par y répondre gentiment et j'avoue avoir finalement abandonné. Si j'ai blessé des gens, j'en suis désolée. Mais c'est quand même choquant de réagir avec autant d'agressivité.
De son côté, Emmanuel Réau – réalisateur de l'émission – contacté par la Fondation 30 Millions d'Amis a lui aussi tenu à prendre la parole : "J'ai passé plusieurs années en Afrique en tant que grand-reporter. J'en ai ramené des images choquantes d'enfants, d'hommes et de femmes malheureux... Jamais je n'ai eu le droit à une levée de boucliers comme celle qu'a du affronté "Coûte que Coûte" la semaine dernière concernant la reproduction de son animal (lire notre article). J'avoue que cela m'a surpris. Je ne savais pas que les saillies chez un particulier pouvaient entraîner autant d'abandons et je suis même redevable aux internautes qui ont eu la courtoisie de me le signaler poliment. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons coupé la séquence. Mais concernant celle du cochon d'Inde, je n'ai pas vu de raison me dictant de couper au montage. C'était aussi une manière de dire que lorsqu'on achète un animal, on s'engage sur la durée et qu'un animal n'est donc pas un produit de consommation."
Article publié le : 04-09-09
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